Festival d'été Chateauvallon
Lecture

Œdipe,
Chef de la cité

Irène Bonnaud

Œdipe : l’une des plus célèbres et plus populaires tragédies de l’Antiquité. Peut-être parce qu’elle traite des grandes passions humaines et qu’elle est construite comme un roman policier en oscillant sans cesse entre comédie et tragédie.

Depuis Freud, le nom d’Œdipe est associé aux pulsions d’inceste, mais ce n’est pas le sujet de la pièce de Sophocle. Œdipe, longtemps, n’a jamais vu ses vrais parents, et quand il les voit, il ne sait pas qui ils sont. La question est pourquoi aller à la rencontre de la nature comme d’un monstre à tuer ? Quelle est cette pulsion de mort, cet attrait de la destruction qui motive l’être humain ?
Irène Bonnaud propose une nouvelle traduction d’Œdipe. Sous l’influence de la tragédie classique française, on égalise le relief du texte. En vérité, les textes de Sophocle sont exceptionnels de variété : rhétorique des discours, violence et rapidité des dialogues, romanesque merveilleux des parties chorales, qui ont le charme des légendes.
La création théâtrale est en cours de gestation et il s’agit de faire découvrir à travers cette première lecture publique, l’incroyable pertinence de Sophocle aujourd’hui.

Durée 65 min.

Le sujet de la pièce de Sophocle sonne familier à nos oreilles :
Pourquoi la cité est-elle malade ?
Il y a quelques années, une équipe d’universitaires avait voulu savoir quelle était l’épidémie qui s’abat sur Thèbes, croisant la description de Sophocle avec les traités médicaux de l’Antiquité, et ils en avaient conclu qu’il s’agissait d’une zoonose, ces maladies qui, passant la barrière des espèces, sautent de l’animal à l’homme.
On sait qu’elles se multiplient dans le monde contemporain (le SIDA, le virus Ebola, la grippe H5N1, le COVID, etc, sont des zoonoses), à cause de la déforestation, de l’urbanisation, de l’enchevêtrement croissant entre zones urbaines et zones sauvages.
C’est l’équilibre entre l’être humain et son environnement qui est rompu.
C’est cet équilibre qui occupe Sophocle, même s’il se sert d’autres formulations que nous : passer la mesure, s’attirer la colère des dieux.
Pour accompagner la lecture de sa nouvelle traduction d’Œdipe, Irène Bonnaud a demandé à l’écrivain franco-grec Dimitris Alexakis, en résidence d’écriture pour quelques jours à Châteauvallon-Liberté, scène naionale, d’écrire sur les luttes écologiques dans la Grèce d’aujourd’hui. Son texte Pogo rend hommage à Vassilis Mangos, jeune activiste de la région de Volos (Magnésie), impliqué dans les luttes locales contre la pollution de l’air (et la combustion des déchets qui y est pratiquée par la cimenterie Lafarge) et la privatisation des eaux du village de Stagiates.

Durée 15 min.

Textes Sophocle et Dimitris Alexakis
Nouvelle traduction et mise en espace Irène Bonnaud
Avec Fotini Banou, Charles Berling, Alain Fromager et Jacques Mazeran

Production Châteauvallon-Liberté, scène nationale