Pupo di zucchero
Théâtre

Pupo di zucchero
La festa dei morti

Emma Dante

Coproduite et produite en France par Châteauvallon-Liberté, scène nationale, la pièce de l’italienne Emma Dante résonne aujourd’hui avec force. Hommage poétique aux disparus, elle nous rappelle que nous sommes mortels et que la mémoire de ceux qui nous furent chers se transmet.

La maison bruisse des présences de ceux qui ne sont plus. Bientôt ils feront leur entrée. Le vieil homme leur parle. Il sait que les morts sont morts mais qu’ils sont là, ils vivent en lui. Nous sommes la veille du 2 novembre, jour de la fête des morts et l’homme dresse la table du banquet en l’honneur des défunts selon la tradition. Il confectionne la statuette de sucre comme il est d’usage, personnage central de l’offrande aux morts qui, cette nuit, doivent venir déguster gâteaux et confiseries. Dans ce rite revivent les disparus qui lui sont chers et le roman de leurs vies. Leurs croisements (mariages, naissances, décès), les événements, les petits gestes de leur vie d’antan, leurs joies et leurs peines. Emma Dante tisse ce lien entre la vie et la mort en inscrivant l’homme dans une chaîne qui relie. Il y a un sens, on ne disparaît jamais tout à fait car la mémoire survit et se transmet.

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Texte et mise en scène Emma Dante
Librement inspiré du Conte des contes
de Giambattista Basile
Traduction Juliane Regler
Avec Tiebeu Marc-Henry Brissy Ghadout, Sandro Maria Campagna, Martina Caracappa, Federica Greco, Giuseppe Lino, Carmine Maringola, Valter Sarzi Sartori, Maria Sgro, Stephanie Taillandier et Nancy Trabona

Collaboration artistique Daniela Gusmano
Costumes
Emma Dante
Assistanat aux  costumes Italia Carroccio
Sculptures Cesare Inzerillo
Lumières Cristian Zucaro
Surtitrage
Franco Vera

Production Compagnie SudCostaOccidentale
Production déléguée (en France) Châteauvallon-Liberté, scène nationale
Coproduction Teatro di Napoli – Teatro Nazionale / ExtraPôle Provence-Alpes-Côte d’Azur* / Teatro Biondo, Palerme / La Criée, Théâtre national de Marseille / Festival d’Avignon / anthéa, Antipolis Théâtre d’Antibes
*Plateforme de production soutenue par la Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur rassemblant le Festival d’Avignon ; le Festival de Marseille ; le Théâtre National de Nice – CDN Nice Côte d’Azur ; La Criée Théâtre national de Marseille ; Les Théâtres, Marseille et Aix-en-Provence ; anthéa, Antipolis Théâtre d’Antibes ;  Châteauvallon-Liberté, scène nationale et la Friche la Belle de Mai
Avec le soutien du fonds d’insertion pour les jeunes artistes dramatiques de la DRAC PACA et de la Région Sud
Coordination et diffusion Aldo Miguel Grompone, Rome

Photo de couverture © Daniela Gusmano
Photos du spectacle © Christophe Raynaud de Lage
Texte © François Rodinson

Création Festival d’Avignon 2021

Saison 21-22
Teatro Grande, Pompei
du 8 au 10 juillet 2021
Arena Estiva di TeatroDue, Parma
le 12 juillet 2021
Festival d’Avignon
du 16 au 23 juillet 2021
Teatro Biondo, Palermo
du 7 au 17 octobre 2021
Naples
en cours
Le Liberté, scène nationale
du 10 au 12 mars 2022
Théâtre Durance
le 15 mars 2022
La Criée, Théâtre national de Marseille
du 18 au 20 mars 2022
anthéa, Antipolis Théâtre d’Antibes
du 25 au 26 mars 2022

Emma Dante, papesse sicilienne, redonne un élan au Festival d’Avignon ! Dans ses créations Misericordia et Pupo di zucchero , l’artiste palermitaine célèbre l’amour, la vie et la mort avec une poésie brute. […] À 54 ans, l’artiste palermitaine est dans une forme artistique éblouissante. Elle offre avec ces deux nouveaux spectacles une quintessence de son art unique, où s’épousent les traditions les plus archaïques de sa Sicile natale et une modernité du regard. […] Avec Pupo di zucchero, c’est le goût du baroque, consubstantiel à son île, d’Emma Dante qui entre en scène. […] Emma Dante parle de la mort avec la même vitalité que de la vie, et elle orchestre son ballet familial avec une légèreté et une vivacité virevoltantes. C’est une histoire de famille à la fois très italienne et universelle qu’elle convoque, en laquelle chacun, et surtout chacune, peut se reconnaître, tant l’accent est mis, là aussi, sur la condition spécifique des femmes. Qu’il s’agisse des adolescentes à la jeunesse brisée par l’arrivée d’une grossesse après une nuit passée avec un hidalgo de passage, ou des mères ployant sous le poids de la charge et du travail sans fin. Ou, là encore, de la violence exercée contre les femmes, souvent déguisée sous le masque de l’amour et du désir. Mais le plus beau est pour la deuxième partie du spectacle, quand les morts bien vivants d’Emma Dante réapparaissent, tenant dans leurs bras leurs doubles fossilisés dans leur état de cadavre. L’image est saisissante, d’une poésie folle, et raconte le rapport à la mort de certaines sociétés –sicilienne, mexicaine… – bien mieux que tous les discours.
Fabienne Darge — Le Monde

Pupo di zucchero, bouleversant et poétique hommage aux morts, à la mémoire des morts, à la vie des morts… […] Avec un art consommé et une sincérité cette fois poignante, Emma Dante ressuscite les morts et fait du théâtre un magnifique tombeau à leur gloire, un des seuls endroits où ils puissent encore revivre en paix et beauté. Aidée du sculpteur Cesare Inzirello – qui dans une scène finale saisissante parvient à donner matières et chairs aux fantômes – la metteuse en scène auteure a su magistralement capter l’absence, et ce qui peut en subsister dans nos âmes. Combien nous sommes seuls responsables de la survie des disparus, et capables de donner du sens à leur vie, encore. Elle a été ici comme emportée, transcendée dans son propos même dont la réalisation, magique, comporte un esprit venu d’ailleurs…
Fabienne Pascaud — Télérama

En cette dernière semaine du festival d’Avignon, Emma Dante donne une belle et détonante impulsion à une 75 édition en manque de chair, de souffle. Curieuse du monde, de ses petites comme de ses grandes tragédies, l’artiste palermitaine poétise, entre rêve et cauchemar, l’amour, la maternité, la vie et la mort, et signe deux créations éblouissantes autant que différentes. […] Emma Dante signe une œuvre baroque où s’enchaîne magistralement une succession de tableaux tous plus beaux, plus poétiques, plus burlesques les uns que les autres. D’une anecdote, elle construit une épopée, d’une petite bêtise, un conte granguignolesque. Conjuguant les langues, les arts, elle invite à découvrir une tradition ancestrale de son île, un lieu des plus pittoresques de Palerme, ses étonnantes catacombes. Porté par une troupe fabuleuse de comédiens et de danseurs, Pupo di zucchero – La Festa dei morti est une fresque théâtrale hallucinante et puissante, un hymne à la vie flamboyant, un poème noir, cocasse à la beauté sidérante.
Olivier Frégaville-Gratian d’Amore — L’Œil d’Olivier

Après Le Sorelle Macaluso (2014) et Bestie di scena (2017), Emma Dante revient au Festival d’Avignon avec deux spectacles [Misericordia et Pupo di zucchero] explorant des thèmes forts et poignants, de l’amour des mères au lien entre les morts et les vivants. Un théâtre intense et original.
Agnès Santi — La terrasse

Pupo di zucchero, un joli conte poétique Emma Dante nous transporte en un clin d’œil dans un univers aux accents felliniens avec des personnages hauts en couleur, des excès, de la truculence mais surtout, une tendresse infinie et rassérénant.
Marie-Valentine Chaudon — La Croix

Pupo di zucchero – La Festa dei Morti est une ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi. […] Célébrer de manière joyeuse les morts afin de ne pas les tuer une seconde fois en les incarcérant dans l’oubli, les exhumer pour les représenter doublement au plateau (artistes bien vivants et leurs répliques sculptées mangées en partie par la décomposition «à l’œuvre») dans une mise en jeu d’une beauté plastique insoupçonnée, est à prendre comme un moment de grâce accordé aux vivants par une metteuse en scène mécréante développant vis-à-vis de l’humaine condition une foi inconditionnelle.
Yves Kafka — La revue du spectacle

S’appuyant sur des traditions typiques de sa Sicile natale, Emma Dante invente une célébration baroque et pleine de vie, mâtinée de musique et de danse, pour évoquer un thème cher à son cœur et universel : la mémoire des morts – et la continuité de leur vie chez nous, vivants.
Sceneweb