Le jour se lève dans une ambiance bucolique sur un petit village bavarois (ou bas varois). Deux vieilles dames, entre l’église et le cimetière, observent l’enterrement de Monsieur Geissrathner. De généralités en petites espiègleries sous forme d’aveu, elles commentent le rien qui fait leur quotidien. On parle du temps qui passe, de monsieur le curé, de tout et de rien, et transparaît derrière les mots les plus anodins l’omniprésence préoccupante de la mort.
On apprend bientôt que le responsable du décès de Monsieur Geissrathner est un Turc. Petit à petit, leurs langues se délient et laissent échapper le trop plein de fiel contenu dans ces deux dignes représentantes de la sagesse populaire : la haine de l’étranger, sous sa forme la plus entière et la plus définitive.
Immenses gardiennes de leur petit royaume, elles s’émerveillent des minuscules évènements qui adviennent autour d’elles, une auto qui passe, le clocher qui sonne les heures, le travail du fossoyeur… Elles discutent, s’amusent, mais aussi s’inquiètent de tous ces changements et finiront par subir la chute du monde vacillant dont elles tentent de préserver les vestiges.
Une farce burlesque dans laquelle toute ressemblance avec notre époque, voire même un peu de nous-mêmes, de notre part d’ombre, n’est pas uniquement fortuite !
Texte Thomas Bernhard
Mise en scène Frédéric Garbe
Avec Frédéric Garbe et Gilbert Traïna
Collaboration artistique Stéphane Bault
Décor et machinerie Olivier Arnaud
Structure Ateliers Sud Side
Univers sonore Mathieu Hours
Costumes Nina Langhammer et Virginie Breger
Régie générale Romain Cuvilliez ou Stéphane Chapoutot
L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté
Production L’autre Compagnie
Avec le soutien de la Ville de Toulon, du Conseil Départemental du Var et de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Photos © Cathy Chamorey
Ce spectacle est un pur moment de bonheur, d’originalité, de délicatesse, de trouvailles ingénieuses et uniques, tout cela diffusé avec une intelligence rare, une finesse de mise en scène, où costumes, décors et bande sonore n’usurpent en rien leurs fonctions. Ce spectacle servi sur un « plateau d’argent » par les deux comédiens est donc exceptionnellement surprenant, un pur moment de virtuosité théâtrale. Vivant Mag
Le texte de Thomas Bernhard reste tout aussi percutant et d’une brûlante actualité. C’est d’une drôlerie irrésistible, poétique en diable et tellement juste… Un petit chef-d’œuvre. Les Trois Coups