Abnégation
Théâtre

Abnégation

Alexandre Dal Farra — Guillaume Durieux

Le pouvoir politique corrompt et les idéaux d’hier font place au désenchantement. Le renoncement aux valeurs n’est pas sans conséquences et ravage les corps et les âmes. Dans l’arrière-salle d’une exploitation agricole, à l’abri des regards, les personnages de l’auteur brésilien Alexandre Dal Farra, entre lâcheté et brutalité, doivent régler le problème d’un « accident » qui met en péril le parti. Énigmatique, lucide et drôle, un nouveau théâtre de l’absurde.

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Abnégation
Lieu
  • Le Liberté
  • Salle Fanny Ardant
Accessibilité
  • Pour tous
    • dès 16 ans
  • Dates Durée 1h25
  • mardi 9 mai 2023 20:00
  • mercredi 10 mai 2023 20:00
  • jeudi 11 mai 2023 20:00
Tarif B
  • Plein tarif 24 €
  • Tarif préférentiel 19 €
  • Tarif avec la Carte Encore 19 €
  • Tarif formule 3 spectacles et + 18 €
  • Tarif formule 10 spectacles et + 16 €
  • Tarif demandeur d'emploi 16 €
  • Tarif jeune 11 €
  • Tarif solidaire 5 €
Informations pratiques

Paolo et José, deux membres d’un parti politique qui ressemble beaucoup au Parti des Travailleurs de Lula, ont convoqué Celsio. Il faut réfléchir aux stratégies aptes à protéger le parti et ses membres d’un problématique « accident ». Celsio est accompagné d’un conseiller en communication, Jonas, que les abus de cocaïne rendent quelque peu erratique. Flavia, la seule femme du groupe sert à boire à ce groupe viril tout en préparant sa propre stratégie… Mensonges, manipulations, intimidations, corruption, drogue, sexe, vénalité et machisme récurrent perdent les militants qui ont abandonné leurs idéaux et l’espoir d’un monde meilleur. Empêtrés dans leurs propres contradictions, ils sont pourtant sensibles et non dénués d’une certaine écoute, d’une étonnante attention à l’autre. Rythmée, d’une violence contenue, la mise en scène révèle les non-dits et les crises intimes qui résultent de la déliquescence d’un pouvoir qui a perdu le fil. Nous basculons dans un monde où la rationalité même devient une menace.

Texte Alexandre Dal Farra
Mise en scène Guillaume Durieux
Traduction Alexandra Moreira Da Silva et Marie-Amélie Robillard
Avec Eric Caruso, Alain Fromager, Thomas Gonzalez, Florence Janas et Stanislas Stanic
Collaboration artistique et création lumière Kelig Le Bars
Composition musicale et sonore Sylvain Jacques
Scénographie François Gauthier-Lafaye
Peintre Pierre-Guillem Coste
Assistanat à la mise en scène et à la dramaturgie Alan Castelo
Costumes Colombe Lauriot Prevost
Conseillère musicale Luanda Siquiera

Production Comédie – CDN de Reims
Coproduction Maison de la Culture d’Amiens – Pôle européen de création et de production
La traduction d’Abnégation est lauréate de l’Aide à la Création d’ARTCENA, en catégorie traduction

Photos de couverture et n°5 © Guillaume Durieux
Photos n° 1, 2, 3 et 4 © Alan Castelo
Texte © François Rodinson

Un spectacle coup de poing donné face public, une performance de cadors, un festival inventoriant les pulsions de grande solitude – ni humanisme ni générosité. Véronique Hotte — Hottello

La mise en scène de Guillaume Durieux et la scénographie de François Gauthier-Lafaye, sont à l’image de l’esprit de la pièce : énergique, sombre, passant du réalisme à l’énigmatique, entraînant l’empathie et le dégoût. Et au final, domine l’impression d’avoir assisté à un texte inattendu servi par des comédiens remarquables. Emmanuelle Saulnier-Cassia — Toute la Culture

Le travail de Durieux et son quintette d’acteurs s’avère proprement fascinant dans l’exacte mesure où, dans cette espèce d’opéra parlé pour conscience morveuses, ce qui est tu se joue dans la motricité ou dans l’impassibilité feinte des corps. Alexandre Dal Farra entre par la grande porte. Jean Pierre Leonardini — L’Humanité

Pièce impressionniste, surréelle, absurde.
Comédie pas drôle, faisant mine d’ignorer le poème qu’elle porte. Se donnant de fausses allures de pamphlet, de pièce de genre, de fiction de seconde zone pour diffusion tardive.
Autant de références à jouer et de pistes à poursuivre avec suffisamment de distance pour rendre aux personnages l’humanité qu’ils réclament.

Qu’est-ce que les victimes ont à nous dire que nous ne savons déjà ?

Au théâtre, les bourreaux sont un sujet d’étude autrement plus poétique.

Ici, nous sommes loin d’un jeu de massacre. Il s’agit toujours de sauver l’homme qui se cache devant nous, qui essaie de se fuir.
Fascination pour l’acteur ou pour le personnage ? Jeu trouble.
Nous devons trouver, grâce à la présence brute des acteurs, une empathie pour chacun des personnages afin que le masque se pose et s’ajuste dans l’imaginaire du spectateur.
L’effroi n’en sera que plus grand quand nous aurons l’honnêteté de reconnaître que ce sont les tourments d’un monstre qui nous ont ému.

Pièce pour adulte se méfiant de la fiction.

L’incarnation se fera à vue. Jouer doit se voir. On y entre comme on en sort. Jouer dans une maison pleine de courant d’air.
Mise à distance de la situation, monstration de l’action, répliques échangées « à l’allemande », jeu avec le quatrième mur, construction, déconstruction, reconstruction, rupture dans le récit, dans la théâtralité, mouvements épileptiques, pantomimes jouant les ellipses.
La matière même du travail se montre, s’expose.
Nous serons dans le même espace et le même temps que les spectateurs.
Nous ne lui raconterons pas d’histoire, mais simplement, nous jouerons à jouer avec lui.

« La fiction est un documentaire sur les personnes que nous avons choisi pour raconter cette fiction. » Jean-Luc Godard.

J’ai demandé à des acteurs qui avaient très envie de jouer ensemble de se réunir pour jouer des personnages qui n’ont aucune envie de partager quoique ce soit. Suivre ce paradoxe, cette tension. Mettre à jour le vrai visage des acteurs.

Plusieurs fois, dans la pièce, les personnages sont surpris de ce que les uns et les autres se connaissent. Plusieurs fois, les spectateurs seront surpris de ce que les personnages révèlent de leur relation. Evocation du mensonge ou de l’omission devenue, pour l’auteur, paradigme du corps politique qu’il représente. C’est un état maladif et contagieux qui déforme les êtres jusqu’à la monstruosité.
Cet état de révélation ou de dissimulation est très important et propose un lieu précis pour le jeu de l’acteur. Une incertitude constante que chacun essaie au mieux de dissimuler aux autres partenaires, il ne faut pas se faire prendre à défaut. Ni dans la fiction, ni dans la réalité des corps en présence. C’est très concret comme état de jeu. Comme préambule.

Unité de lieu, de temps et d’espace pendant toute la représentation.

La seconde partie est supposée se passer à l’extérieur. Se servir du théâtre pour ne pas quitter l’espace de la représentation. Donner des signes de transformations par la lumière et le son mais inutile de raconter l’extérieur. Le théâtre et l’imaginaire du spectateur travaillent ensemble et suffisent.

Une table, quelques chaises, très peu d’accessoires : verres, bouteilles, assiettes ?…
Réduire au strict nécessaire les signes convenus, voir s’en passer complètement.
Peu d’objets. Pas de signes.
Travailler debout.
Travailler proche.
Chercher une proximité et rendre la sensation de l’espace et du temps par le son. La musique aura une place très importante dans le projet.

Guillaume Durieux

Alexandre Dal Farra

Titulaire d’une maîtrise du Département de langues modernes de la FFLCH / USP (Université de São Paulo) et en cours de doctorat, Alexandre Dal Farra est dramaturge, metteur en scène et auteur. Nommé pour les plus importants prix brésiliens, ses pièces ont été interprétées dans tout le pays et à l’étranger. Avec Matthew, 10 ans (2012), il remporte le prix Shell du meilleur dramaturge. Il a été nominé pour plusieurs prix avec les pièces Abnégation 1, 2 et 3 – Wrecks (finaliste du prix Aplauso Brasil), Abnegation 1 (prix APCA, 2014, édité en France par Les Solitaires Intempestifs) et The Son (prix APCA, 2016).

En 2017, il a créé pour la première fois à MITsp la pièce WHITE : L’odeur des lys et du formol. Sa pièce Abnégation III a été produite à Buenos Aires par le metteur en scène Lisandro Rodrigues et jouée quatre mois. Sa dernière pièce est Shelter (2018), écrit et réalisé par lui.
En 2013, il publie son premier roman, A Guidebook for Destruction, publié chez Hedra.

Il est également professeur d’écriture et a animé des ateliers dans tout le Brésil, notamment à São Paulo, Fortaleza, Recife, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Florianópolis. Il a enseigné à l’ELT – Escola Livre de Teatro de Santo André (de 2013 à 2016) et à la PUC-SP, à la Faculdade de Artes do Corpo (de 2016 à 2017). Il a récemment enseigné au SP Escola de Teatro et dans plusieurs programmes de villes et d’états tels que Projet Ademar Guerra, Núcleo Experimental do SESI / SP, Porto Iracema das Artes (Fortaleza), entre autres.

Guillaume Durieux

Guillaume Durieux est comédien, auteur et metteur en scène. Il se forme au Conservatoire municipal de Lille puis à l’école du Théâtre National de Strasbourg (Groupe 32, promotion 2001). Au théâtre, il joue depuis sous la direction de Yannis Kokkos, Alice Laloy, Olivier Py Jacques Vincey, Gabriel Garran, Véronique Bellegarde, Marc Fayet, François Rodinson, Marc Lainé…
Il participe à plusieurs Mousson d’été, et joue sous la direction de Michel Didym. Il se forme à la fiction radiophonique avec Claude Guerre et participe à
de nombreuses mises en onde pour France Culture. Il rejoint Claude Guerre à la Maison de la poésie, et y interprète et met en scène V. de Tony Harrison.
Il rencontre Jacques Bonnaffé avec qui il participe à plusieurs Banquets du Faisan.

Depuis 2015, il interprète, écrit les textes et participe à la mise en scène des spectacles du Théâtre Dromesko. Deux créations sont en tournée actuellement dans toute la France : Le Jour du Grand Jour et Le Dur Désir de Durer. Ces créations ont été accueillies au Théâtre de la Ville, au Monfort, au Printemps des Comédiens, aux Nuits de Fourvière, au Théâtre national de Bretagne, à la MC2 de Grenoble… Il a dirigé Le Groupe Incognito, collectif formé à la sortie de l’école du TNS et présenté Le Cabaret des Utopies et Le Cabaret des Vanités au Théâtre de la Cité Internationale, au Théâtre de la Commune et en tournée en France et au Brésil. Pour la télévision, il tourne sous la direction de Christian Bonnet, de François Goetghebeur, de Jean-Michel Ribes, de Hervé Hadmar dans Les Témoins.