Dark was the Night
Théâtre

Dark was the Night

Emmanuel Meirieu

En 1977, des hommes placent à bord de la sonde Voyager un message destiné aux civilisations extraterrestres : le Voyager Golden Record. Ce disque d’or de l’humanité contient des images, des sons, des extraits de textes littéraires et des musiques dont un vieux blues : Dark was the Night. C’est le point de départ du voyage d’Emmanuel Meirieu.

Dark was the Night
Dark was the Night
Dark was the Night
Lieu
  • Châteauvallon
  • Théâtre couvert
Accessibilité
  • Pour tous
    • dès 14 ans
  • Dates Durée 1h30
  • jeudi 24 novembre 2022 20:30
  • vendredi 25 novembre 2022 20:30
Tarif A
  • Plein tarif 29 €
  • Tarif préférentiel 21 €
  • Tarif avec la Carte Encore 21 €
  • Tarif formule 3 spectacles et + 20 €
  • Tarif formule 10 spectacles et + 18 €
  • Tarif demandeur d'emploi 16 €
  • Tarif jeune 11 €
  • Tarif solidaire 5 €
Informations pratiques

Emmanuel Meirieu a toujours voulu que ses créations soient comme des monuments aux gens de peu, aux laissés-pour compte, aux oubliés, à tous ceux que l’Histoire a abandonnés. Dans La Fin de l’Homme Rouge, c’était celle d’orphelins anonymes du socialisme, après la chute de l’Union Soviétique, effacés de la Grande Histoire, leurs rêves humiliés par les vainqueurs. Dans Les Naufragés, celle d’un clochard qui se laisse mourir de froid et de désespoir en plein Paris. Ce soir-là, « sombre était la nuit et froide la terre », comme dans la chanson de Blind Willie Johnson écrite en 1927. C’est à la figure de ce bluesman descendant d’esclaves, que s’attache aujourd’hui le metteur en scène. S’il est mort dans la misère à 48 ans, la fortune de sa chanson Dark was the Night est proprement extraordinaire. Elle fait partie des vingt-sept morceaux musicaux gravés sur un disque d’or et postés par la sonde Voyager en 1977 à destination des étoiles. Lancé comme une bouteille à la mer, voici quarante-cinq ans que ce disque, censé témoigner du génie humain auprès des populations non humaines, tourne dans l’espace. Il se pourrait que la musique de Blind Willie Johnson continue de traverser les galaxies bien après l’extinction de la Terre. Mais pour nous, spectateurs d’aujourd’hui, voir Dark was the Night c’est comme recevoir la lettre d’un inconnu qui nous était peut-être destinée.

Coproduction Châteauvallon-Liberté

Texte et mise en scène Emmanuel Meirieu
Distribution en cours
Musique Raphaël Chambouvet
Lumières Seymour Laval
Décor Seymour Laval et Emmanuel Meirieu

Production Le Bloc Opératoire et MC2 Maison de la Culture Grenoble
Coproduction Châteauvallon-Liberté, scène nationale / Théâtre du Nord Centre Dramatique National / Les Gémeaux Scène Nationale de Sceaux / Théâtre des Quartiers d’Ivry CDN du Val-de-Marne / La Machinerie Théâtre de Vénissieux / Les Scènes du Golf Théâtres de Vannes et Arradon / Théâtre Durance à Chateau-Arnoux-Saint-Auban Scène Conventionnée / DSN Dieppe Scène Nationale/ Le Carré Scène Nationale / Théâtre l’Air Libre CPPC Scène Conventionné Rennes / Les Théâtres Aix-en-Provence Marseille / Théâtre de Bourg-en-Bresse Scène Conventionnée / Le théâtre de l’Olivier Scène et Cité Scène Conventionnée / Quais des Arts Argentan / Scène Nationale Grand Narbonne / Théâtre d’Aurillac Scène Conventionnée
Avec le soutien de France Culture

Photo de couverture © J. Marshall Tribaleye Images
Photo 1 et 2 © Granger Historical Picture Archive
Photo 3 © Picture Press Itd
Texte © Frédéric Mari

C’était en mars, pendant la crise sanitaire, pendant le confinement. Plus de la moitié des êtres humains de notre terre étaient, comme moi, enfermés chez eux, emmurés volontaires, sans limite de durée, terrifiés par la mort, la maladie. Et j’ai décidé du prochain spectacle que je devrais faire. Je me suis demandé : quelle histoire aurai-je vraiment besoin de raconter dans les théâtres du monde d’après. Et quelles histoires nos spectateurs auront envie de venir écouter. J’ai pensé aux artistes qui commenceraient leurs répétitions avec un texte ou un sujet choisis avant la crise sanitaire, avant l’expérience du confinement, et qui ressentiraient peut-être, en les redécouvrant, ce que l’on ressent en lisant une lettre envoyée d’une autre époque, qui se serait perdue longtemps, avant d’être enfin remise à son destinataire. À la radio, sur le web, dans les journaux, paraissaient les carnets de bords, intimes et quotidiens, d’artistes et de penseurs : des mots d’enfermement, leurs récits puissants de confinement. Mais j’éprouvais le besoin d’écouter, de lire d’autres mots, de me faire d’autres images. Des décors sans mur, des images sans cages, sans prisons, des mots pour sentir un goût de liberté et d’infini. J’ai cherché des récits d’évasion, de grands espaces, de paysages infinis à partager. Et j’ai découvert cette histoire, une histoire vraie car ce sont mes préférées :

C’est le samedi 20 août 1977, sur la base de lancement de Cap Kanaveral. Un vaisseau spatial, amarré à une fusée Titan, décolle pour l’espace interstellaire. Les astronomes l’ont appelé Voyager. Fixé sur sa paroi extérieure, Voyager emporte avec lui vers les étoiles un disque phonographique couvert d’or : notre message aux civilisations extra-terrestres. Dans le disque, des êtres humains ont gravé 118 photographies prises sur la terre, leurs salutations en 55 langues, et celle chantée par une baleine à bosses, 27 musiques, et des sons enregistrés sur notre planète. Tout ce que l’on voulait alors pour témoigner du meilleur de nôtre espèce, et de notre terre. Et ces mots du président des États-Unis Jimmy Carter : « Nous lançons ce disque dans le cosmos. Il est probable qu’il survive un milliard d’années dans notre futur. Parmi les 200 milliards d’étoiles de la Voie lactée, quelques-unes, peut-être plus, peuvent abriter des planètes habitées et des civilisations. Si une telle civilisation intercepte Voyager et peut comprendre les contenus enregistrés sur notre disque, voici notre message : Ceci est un présent d’un petit monde éloigné, un témoignage de nos sons, notre science, nos images, notre musique, nos pensées et nos sentiments. Nous tentons de survivre à notre époque pour pouvoir vivre dans la vôtre. Nous espérons qu’un jour, quand nous aurons résolu les problèmes qui nous font face, nous rejoindrons une communauté de civilisations galactiques. Cet enregistrement représente notre espoir et notre détermination. »

Emmanuel Meirieu

Acteur, metteur en scène, auteur et adaptateur, Emmanuel Meirieu est également directeur de la compagnie de théâtre Le Bloc Opératoire et artiste associé à la MC2 Grenoble. Ses spectacles sont aujourd’hui présents sur tout le territoire national dans le réseau des scènes labellisées, comme des théâtres de ville. À Paris, il présente ses spectacles au Théâtre des Bouffes du Nord, au théâtre du Rond Point, et au théâtre Paris Villette. En francophonie, son travail est au Grand Théâtre du Luxembourg, au Théâtre de Liège et de Namur, au Forum Meyrin de Genève. Passionné par les actrices, les acteurs et le récit, il aborde d’abord le théâtre en créateur d’émotions fortes. Il porte à la scène les auteurs et autrices ainsi que les fables d’aujourd’hui, toujours avec l’envie de faire entendre d’une manière simple la puissance des histoires tout en créant des archétypes de théâtre inoubliables : des êtres brisés, des marginaux grandioses et viscéralement humains, « ces derniers qui seront les premiers ».

Qu’il travaille avec des interprètes confirmés ou révèle des talents bruts, sa direction d’acteur est unanimement saluée. Avec De Beaux Lendemains qu’il a présenté aux Bouffes du Nord en 2011 et Mon traître, créé au théâtre Vidy-Lausanne en 2013, Des Hommes en devenir à la Villette en 2017, Les Naufragés, présenté aux Nuits de Fourvière en juin 2018, il a démontré son talent pour l’adaptation de romans contemporains à la scène et la conduite du récit. En mars 2018, il met en scène une promotion du théâtre du Nord. En 2019, aux Gémeaux, Scène National de Sceaux, il crée La Fin de l’Homme Rouge d’après le roman de Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de littérature 2015.

Connexions
Théma

Mémoire(s)

Théma #41
12 oct. → 23 déc. 2022