Rémi
Jeune public

Rémi

Jonathan Capdevielle

Le jeune Rémi découvre le monde et la vie en compagnie d’une bande de saltimbanques menée par le bonimenteur Vitalis. Artiste protéiforme à l’univers singulier, Jonathan Capdevielle s’approprie Sans famille d’Hector Malot et en fait un réjouissant spectacle en deux parties, l’un scénique, au théâtre, et l’autre sonore, à savourer chez soi.

Rémi
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Lieu
  • Le Liberté
  • Salle Albert Camus
Accessibilité
  • En famille
    • dès 8 ans
  • Dates Durée 1h35 environ
  • vendredi 18 novembre 2022 14:30
  • vendredi 18 novembre 2022 19:30
Tarif A
  • Plein tarif 29 €
  • Tarif préférentiel 21 €
  • Tarif avec la Carte Encore 21 €
  • Tarif formule 3 spectacles et + 20 €
  • Tarif formule 10 spectacles et + 18 €
  • Tarif demandeur d'emploi 16 €
  • Tarif jeune 11 €
  • Tarif solidaire 5 €
Informations pratiques

Rémi est confié par son père adoptif à un bonimenteur qui va de ville en ville présenter des numéros avec sa troupe, leurs chiens et un singe facétieux. Rémi va grandir à leur contact, en parcourant la France. Le spectacle est devenu son territoire d’apprentissage et de réflexion. Vitalis est un guide spirituel pour Rémi, il lui enseigne les bases de l’éducation et donne des réponses aux questionnements de l’enfant sur son rapport au monde. C’est ainsi qu’il devient adulte et peut raconter son histoire, devenant le narrateur des aventures de son enfance vagabonde. Jonathan Capdevielle transforme ce roman de la fin du XIXe siècle en un conte chamarré où un minimum d’acteurs interprètent un maximum de personnages. Masques et costumes composent une esthétique forte, comme un rituel où les métamorphoses impressionnent et amusent. Le travail du son joue une grande part dans cette adaptation et conduit à une deuxième partie que chacun ramène chez soi : un CD et un poster illustré.

Conception et mise en scène Jonathan Capdevielle
Adaptation Jonathan Capdevielle en collaboration avec Jonathan Drillet
Avec Dimitri Doré, Jonathan Drillet, Michèle Gurtner en alternance avec Sophie Lenoir et Babacar M’Baye Fall en alternance avec Andrew Isar
Assistanat à la mise en scène (création) Colyne Morange
Assistanat à la mise en scène (tournée) Guillaume Marie
Conception et réalisation des masques Étienne Bideau Rey
Costumes Colombe Lauriot Prévost
Assistanat aux costumes Lucie Charrier
Habilleuse Coline Galeazzi en alternance avec Cara Ben Assayag
Coiffe Vitalis Mélanie Gerbeaux
Lumières Yves Godin
Régie lumière David Goualou en alternance avec Sylvain Rausa
Musique originale Arthur B. Gillette
Création son Vanessa Court
Régie son Vanessa Court en alternance avec Johann Loiseau
Régie générale Jérôme Masson en alternance avec Ugo Coppin
Production, diffusion et administration Fabrik CassiopéeManon Crochemore, Pauline Delaplace et Isabelle Morel

Production déléguée Association Poppydog
Coproduction Le Quai, Centre Dramatique National – Angers Pays de la Loire / Nanterre-Amandiers, centre dramatique national / Festival d’Automne , Paris / La Ménagerie de Verre, Paris / Théâtre Garonne, scène européenne, Toulouse / Théâtre Saint Gervais, Genève/ CDN Orléans-Centre-Val de Loire / L’Arsenic – Centre d’art scénique contemporain Lausanne / Tandem – Scène nationale de Douai / TNG – Centre dramatique national de Lyon / Le Parvis, scène nationale de Tarbes / La Rose des vents, scène nationale Lille Métropole Villeneuve d’Asq / Le Maillon – Théâtre de Strasbourg – Scène européenne
Avec l’aide de la Région Ile-de-France, au titre de l’aide à la création
Avec le soutien du CND, centre national de la Danse – Pantin

Photo © Marc Domage
Texte © François Rodinson

Jonathan Capdevielle s’empare admirablement de ce classique de la littérature enfantine, se l’approprie, l’adapte à sa mesure pour finalement en gommer au fur et à mesure les aspects visuels et offrir en partage un environnement sonore dans lequel petits et grands deviennent à leur tour les metteurs en scène de leur imaginaire. Guillaume Lasserre — Médiapart

Jonathan Capdevielle compose une magistrale immersion au cœur de l’œuvre de Malot. […] Capdevielle réussit le tour de force d’être sincèrement fidèle à l’œuvre de Malot tout en ne lâchant rien de son propre univers. Hervé Pons — Les Inrockuptibles

Le touche-à-tout de la scène française embarque le jeune héros d’Hector Malot dans son univers sombre et pop à la fois. Scindé en deux parties – l’une au plateau, l’autre en fiction audio -, ce voyage initiatique de notre temps captive et envoûte le jeune public, mais pas que. Vincent Bouquet — Les Echos

Jonathan Capdevielle s’empare de Sans famille, le roman d’Hector Malot devenu un classique de la littérature jeunesse et signe un fort beau spectacle tout public, ombrageux et lumineux, plein d’invention et d’émotion, qui célèbre l’aventure et donne le goût de la liberté. Christophe Candoni — Sceneweb

Sans famille est un classique de la littérature jeunesse que les enfants d’aujourd’hui ne connaissent pas forcément. Pourquoi avez-vous décidé de le monter ? Comment cela s’inscrit-il dans votre parcours ?

Jonathan Capdevielle — Dans deux de mes pièces, Adishatz et Saga, qui sont des autofictions, je m’adressais à un public adulte en orientant ma réflexion et mon travail d’écriture sur des sujets comme l’enfance et l’adolescence. Aujourd’hui, j’ai envie de m’adresser directement aux enfants en prenant comme base le roman d’Hector Malot. J’avais en tête la version manga de Rémi sans famille, sortie en France dans les années 1980, avec des décors très expressionnistes et des visages proches du masque. J’ai depuis longtemps une vraie passion pour le déguisement et le carnaval. J’avais le souvenir d’une histoire sombre, mais en lisant le roman, j’ai découvert qu’il s’y trouve aussi plein de moments lumineux. S’est posée la question d’une adaptation scénique d’une durée acceptable pour les enfants puisque le roman est long. J’ai donc eu l’idée d’en faire deux parties, une partie plateau et une partie fiction audio, offerte aux spectateurs à la fin du spectacle.

Pourquoi privilégier la dimension sonore ?

J. C. — C’est un élément de la mise en scène toujours important dans mes pièces, que je travaille en complicité avec la créatrice sonore Vanessa Court. Par ailleurs, l’expérience de la fiction audio permet à l’enfant de se concentrer dans l’intimité d’une œuvre sonore, et de le faire voyager différemment. Je propose la disparition progressive au plateau de chaque figure, au profit du son et de sa capacité à multiplier les espaces et à activer autrement l’imagination de l’enfant. Nous avons mené un travail très spécifique pour cette fiction audio, et pour cela j’ai voulu constituer une équipe, notamment Alexandre Lenot pour l’adaptation et Laure Egoroff pour la réalisation sonore. Les écritures seront différentes ; c’est intéressant que l’enfant ait accès à autre chose que ce qu’il a découvert et traversé dans le spectacle.

À la lecture du roman, on sent déjà deux parties. Comment avez-vous fait votre découpage ?

J. C. — La première partie s’achève au moment où Vitalis meurt. Cette mort signe la disparition du personnage qui a amené Rémi, joué par Dimitri Doré, dans la théâtralité, tout en le sortant de son contexte familial compliqué, avec une mère adoptive aimante mais un père au bout du rouleau, qui ne veut pas s’en occuper. Au début, Rémi en a peur, mais, très vite, il comprend qu’il est entre les mains d’un homme, un artiste qui lui apprend à appréhender la vie en dehors d’un cadre familial endommagé. Vitalis devient très vite un guide pour le personnage.

Pouvez-vous nous parler de votre héros, Rémi ?

J. C. — Il voit qu’il y a quelque chose à apprendre du drame, du voyage et des rencontres. À travers l’apprentissage artistique et à travers les décisions qu’il doit prendre très tôt, Hector Malot lui donne une responsabilité d’adulte notamment lorsqu’il endosse pour un temps le rôle de chef de troupe. Par contre, je ne vais pas rester dans le réalisme du roman, je vais créer des figures qui vont naître de cette rencontre avec Vitalis en m’inspirant des cérémonies traditionnelles populaires et des carnavals. Certains personnages auront l’apparence de grandes marionnettes habitées par un comédien, dont les mouvements seront contraints par le costume et le masque, avec un travail de jeu et une approche presque chorégraphique. Il y a la question de la possession que j’avais envie d’insuffler dans le roman : que l’enfant se situe entre la réalité de ce qu’il vit et un monde de fantasmes. Dans les dialogues, je reste assez proche de ce que Malot fait dire à ses personnages, même si j’ai orienté le parcours de Rémi vers la musique. L’histoire raconte l’éducation d’un enfant qui devient un artiste. Au début du spectacle, on entend la voix de Rémi adulte, lors d’une émission de radio, parler de ce qu’il est devenu, comment la musique l’a fait grandir et pourquoi son album, entre chansons et récits, est devenu aussi populaire. Cela me permet entre autres de le placer dans un contexte plus actuel pour les enfants.

C’est donc assez transposé. Que deviennent les autres personnages ?

J. C. — Le chien Capi et le singe Joli-cœur portés par Michèle Gurtner et Jonathan Drillet seront les acteurs danseurs et musiciens de Vitalis. Les chansons seront des compositions originales, inspirées du roman. Certaines scènes seront même traitées uniquement en chanson. Arthur B. Gillette signe la musique originale du spectacle. Le dispositif lumière est, lui, créé par Yves Godin, mais il n’y a pas de décor. Le son et la lumière auront toute leur importance dans la construction des espaces et la mise en scène des différents personnages. Car ce sont vraiment les rencontres qui sont déterminantes dans ce spectacle, comme autant d’étapes d’un parcours initiatique. Les outils qui lui servent à se construire, une fois utilisés, meurent. Ainsi, Vitalis disparait mais il aura donné suffisamment d’appuis à Rémi pour se construire.

Va-t-on retrouver toutes les aventures de Rémi dans la suite audio ?

J. C. — Avec Laure Egoroff aux commandes de la réalisation sonore, nous avons sélectionné une durée de 73 minutes – la durée maximale disponible sur un support audio – et nous l’avons séquencée pour que l’enfant puisse suivre les aventures de Rémi étape par étape, un peu comme pour une série.

Propos recueillis par Maïa Bouteillet, avril 2019

Jonathan Capdevielle est né en 1976 à Tarbes en France et vit à Paris. Formé à l’École supérieure Nationale des arts de la marionnette, Jonathan Capdevielle est un artiste hors norme, acteur, marionnettiste, ventriloque, danseur, chanteur.

Il a participé à plusieurs créations, dont, entres autres : Personnage à réactiver, œuvre de Pierre Joseph (1994), Performance, avec Claude Wampler (1999), Mickey la Torche, de Natacha de Pontcharra, traduction Taoufik Jebali, mise en scène Lotfi achour, Tunis, (2000), Les Parieurs et Blonde Unfuckingbelievable Blond, mise en scène Marielle Pinsard (2002), Le Golem, mise en scène David Girondin Moab (2004), Le groupe St Augustin, Le Dispariteur, Monsieur Villovitch, Hamlet et Marseille Massacre (atelier de création radiophonique – France Culture), mise en scène d’Yves-Noël Genod (2004-2010), Bodies in the cellar, mise en scène de Vincent Thomasset (Mars 2013). Au cinéma, il interprète le rôle de Nicolas dans le film Boys like us, réalisé par Patrick Chiha (sortie en septembre 2014).

Collaborateur de Gisèle Vienne depuis ses premières mises en scènes, il est interprète au sein de presque toutes ses pièces ; dans celles réalisées par Étienne Bideau Rey et Gisèle Vienne : Splendid’s de Jean Genet, Showroomdummies (création 2001 et re-écriture 2009) et Stéréotypie, et dans celles mises en scène par Gisèle Vienne I Apologize, Une belle enfant blonde / A young, beautiful blonde girl, Kindertotenlieder, Jerk, pièce radiophonique, Jerk, solo pour un marionnettiste, Éternelle idole, This is how you will disappear (création 2010) et The Ventriloquists Convention (création 2015). Gisèle Vienne, Dennis Cooper, Peter Rehberg et Jonathan Capdevielle publient en 2011 un livre + CD : Jerk / À TRAVERS LEURS LARMES aux éditions DISVOIR dans la série ZagZig en deux éditions, française et anglaise.

Il crée en 2007 la performance-tour de chant Jonathan Covering au Festival Tanz im august à Berlin, point de départ de sa pièce Adishatz/Adieu, créée en janvier 2010 au festival C’est de la Danse Contemporaine du Centre de Développement Chorégraphique Toulouse / Midi Pyrénées. Il répond ensuite à deux invitations. En novembre 2011, il présente Popydog, créé en collaboration avec Marlène Saldana au Centre National de la Danse – Pantin et en août 2012, sur une proposition du festival far° – festival des arts vivants de Nyon (Suisse), il propose Spring Rolle, un projet in situ avec Jean-Luc Verna et Marlène Saldana.

Avec Saga (créé en février 2015 au Parvis Scène nationale de Tarbes), Jonathan Capdevielle ouvre un nouveau chapitre du récit autobiographique en travaillant sur des épisodes du Roman familial, avec ses personnages emblématiques et ses rebondissements. Une exploration des frontières entre fiction et réalité, entre présent et passé. En novembre 2017, il signe À nous deux maintenant, une adaptation du roman Un Crime de Georges Bernanos. En 2019, il propose Rémi, une pièce tout public à partir de 8 ans, adaptée du roman Sans famille d’Hector Malot. Ces deux projets sont créés au Quai, CDN d’Angers puis présentés à Nanterre Amandiers CDN dans le cadre du Festival d’Automne à Paris. En septembre 2021 il créé, Music All, cosignée avec Marco Berrettini et Jérôme Marin, présentée en Suisse notamment à l’Arsenic Lausanne puis en tournée en France, à commencer par le T2G CDN de Gennevilliers dans le cadre du Festival d’Automne à Paris.

L’ensemble de ces projets est traversé par des thématiques communes qui évoluent au cours des créations. Notamment la construction de l’identité, les carnets intimes et la famille à travers la culture traditionnelle et la chanson populaire, l’imposture comme forme de pouvoir dévastateur, la confusion des genres et les détournements de l’ordre moral établi. Par ailleurs, en tant que metteur en scène et auteur de chacune de ses créations (œuvre originale ou adaptation), Jonathan Capdevielle attache une grande importance à la diversité des matières narratives qui passe par l’adaptation d’œuvres littéraires tout comme par l’écriture de plateau ou par l’improvisation.  Le travail du son tient également une place importante dans son parcours. Cela se traduit par la sonorisation des voix et une diffusion spatialisée des sons et de la musique. Ainsi chaque projet s’inscrit dans une recherche et une écriture du son : le son pensé comme créateur d’espaces, de hors champs, de climats.

Depuis 2021, Jonathan Capdevielle est artiste associé au T2G – Théâtre de Gennevilliers et membre de l’Ensemble Associé au Théâtre des 13 vents, centre dramatique national de Montpellier.