SUR TES EPAULES
Danse

Sur tes épaules

Nawal Aït Benalla

« On ne naît pas femme, on le devient », disait Simone de Beauvoir dans son essai Le deuxième sexe. À partir de cette phrase célèbre qui dénonce l’assignation des femmes à une place secondaire, la compagnie La Baraka, avec la chorégraphe Nawal Aït Benalla, invente une danse énergique et audacieuse qui questionne et revendique une place entière, une féminité qui s’affirme.

SUR TES EPAULES
Lieu
  • Châteauvallon
  • Théâtre couvert
Accessibilité
  • En famille
    • dès 8 ans
  • Dates Durée 1h
  • samedi 19 novembre 2022 20:30
Tarif A
  • Plein tarif 29 €
  • Tarif préférentiel 21 €
  • Tarif avec la Carte Encore 21 €
  • Tarif formule 3 spectacles et + 20 €
  • Tarif formule 10 spectacles et + 18 €
  • Tarif demandeur d'emploi 16 €
  • Tarif jeune 11 €
  • Tarif solidaire 5 €
Informations pratiques

Alors que la société avance encore trop doucement sur la question de l’égalité des droits pour les femmes, beaucoup reste à faire pour sortir d’une relégation bien ancrée. Avec huit danseuses pour une pièce en trois parties (un sextet, un duo et un octet), Nawal Aït Benalla exprime poétiquement ce qui ne peut se dire aisément par les mots. Il faut du courage et lancer des défis pour trouver les voies de l’affirmation de soi après des timidités inculquées qui bloquent. La libération de désirs enfouis autorise une danse frénétique et compulsive qui bouscule les limitations et trouve ses marques avec une grâce singulière. Le poids d’un corps offert et le dépassement de cette pesanteur, une empreinte dans le sol, la revendication d’un espace à soi… Les parcours individuels sont dépassés et le groupe trouve une parole de libération et de gloire nouvelle.

Coproduction Châteauvallon-Liberté

Chorégraphie Nawal Aït Benalla
Avec Anna Beghelli, Carla Bourges, Élise Bruyère, Marion Frappat, Jade Lada, Johana Malédon, Chloé Moynet et Maé Nayrolles
Composition musicale et arrangements Olivier Innocenti
Création lumière Alain Paradis
Costumes Charlotte Pareja

Production Compagnie La Baraka
Coproduction Châteauvallon-Liberté, scène nationale / Maison de la Danse, Pôle Européen de création / C.C.N de Créteil, Mourad Merzouki / Bonlieu, scène nationale d’Annecy
Accompagnement Fondations Edmond de Rothschild
Soutien Fonds Régnier pour la Création
Partenaires Préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes (aide au projet) / ADAMI / Annonay Rhône Agglo – « En Scènes » (accueil en résidence technique)
La Compagnie La Baraka / La Chapelle — Abou Lagraa et Nawal Aït Benalla est subventionnée par le Préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département de l’Ardèche et la Ville d’Annonay

Photo © Dan Aucante
Texte © François Rodinson

La société avance doucement sur la question de la place de la femme : quotas à la télévision, dans les ministères, aménagement du temps de travail avec allongement du congé parental pour le père, définition de la charge mentale, écriture inclusive… Très bien, mais psychologiquement, concrètement que se passe-t-il ? De quoi héritons-nous ? Pourquoi avançons-nous plus lentement ? Le poids des traditions, de l’éducation, les images et discours véhiculés par la société, les réflexions de nos grands-mères qui nous disaient tout bas « chut, ne dis rien, ne fais pas de vagues ». Quels impacts ont ces mots, attitudes sur nous des années plus tard ?

Quand je choisis de travailler avec 8 femmes, je me confronte à la question « pourquoi que des femmes ? ». Si la question existe c’est qu’il y a déjà là soit un acte de bravoure, soit une gentillesse. C’est parce que je me sens proche des natures et destins complexes, c’est pour continuer à défaire des mécanismes de pensée, c’est pour redéfinir par le geste de la danse des contours trop étroits.

Nawal Aït Benalla

Née à Safi au Maroc, d’un père berbère et d’une mère française, Nawal Aït Benalla arrive en France à l’âge de huit ans. Plutôt garçon manqué la danse classique agit sur elle comme un révélateur. Elle trouve ainsi sa façon d’être au monde. À 19 ans, elle s’installe à Paris où elle s’ouvre au jazz et à la danse contemporaine. Elle intègre l’Armstrong Jazz Ballet, travaille avec les chorégraphes Matt Mattox, Georges Momboye, Wayne Barbaste. Elle part ensuite en tournée mondiale entre 2000 et 2001 avec le DJ Laurent Garnier et vit une expérience inouïe, se retrouvant sur les plus grandes scènes de musique électronique face à des milliers de spectateurs à Berlin, Paris, Reykjavik… Artiste ouverte à diverses formes d’expériences, elle participe en tant que danseuse et comédienne à Cyrano de Bergerac de Jacques Weber (2001) et Les Troyens de Yannis Kokkos (2003) au Théâtre du Châtelet.

En 2003, elle suit de manière intensive ses cours de danse contemporaine et de yoga de Peter Goss. Précision, recherche et analyse du mouvement, le chemin qu’elle empreinte alors, l’emmène vers la transmission. Elle obtient en 2005 le diplôme d’État de professeur de danse au CND de Pantin, Paris.
En 2006, elle passe parmi 750 candidates une audition d’une semaine, pour Matri(K)is, création d’Abou Lagraa. Elle intègre La Baraka d’abord comme danseuse. Rapidement, elle devient assistante à la chorégraphie sur de nombreuses pièces de La Baraka notamment pour le C.M.D.C. de Tunis ou pour le Memphis Ballet (USA). En 2009, ils participent ensemble à la cérémonie de clôture du Festival Panafricain à Alger. En 2008, Abou crée avec Nawal à la Biennale de la Danse de Lyon, le duo D’Eux Sens, pièce sur les poèmes d’Omar Khayyam avec laquelle ils parcourent ensemble toute l’Europe jusqu’en 2011. Sous l’impulsion de Nawal, le couple va faire un aller-retour vers leurs origines de l’autre côté de la Méditerranée. Elle prend la direction pédagogique de l’aventure de la création du premier Ballet Contemporain d’Alger, de 2010 à 2015, avec neuf danseurs hip-hop autodidactes.

Comme une suite au projet Algérien, Nawal crée en 2014 un projet de création et de formation pour sept femmes, cette fois-ci, danseuses autodidactes, issues des quartiers de l’agglomération lyonnaise : Femmes sur le devant de la Scène. Cela donne Do you be, un diptyque avec un solo de Nawal qui révèle une très belle danseuse qui semble se libérer de son passé.

Nawal et Abou imaginent un lieu pour la danse dans l’esprit de la Villa Médicis. En 2018 ils s’y installent et décident ensemble de codiriger La Baraka et La Chapelle. Elle y dirige, entre autres des projets d’inclusion et de solidarité par la danse, défendant l’idée que l’art et l’engagement social sont indéfectiblement liés. En 2019, Nawal et Abou et Les Fondations Edmond de Rothschild élaborent le programme Premier(s) Pas qui propose un accompagnement sur-mesure à 360° destiné à des danseurs professionnels.
En 2020, la chorégraphe répond à la commande du DNSP danse Jazz Paris- Boulogne-Billancourt et crée Ailleurs pour les étudiants de 3ème année. Elle signe également la chorégraphie du volet 1 du spectacle Premier(s) Pas, Nawal agit comme un révélateur de la personnalité de chaque danseur. Sa danse a quelque chose de brut, sauvage, engagé socialement, comme quelque chose à exorciser.