Pour sa première venue à Châteauvallon, Abou Lagraa signe une adaptation audacieuse de Carmen, l’opéra de Georges Bizet. Interprétée par le Ballet de l’Opéra de Tunis, cette création chorégraphique mêle classique, hip-hop, influences orientales et contemporaines. Vibrante de fougue et de sensualité, la Carmen d’Abou Lagraa échappe à la tragédie pour danser l’amour et l’émancipation.
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Dans le cadre de l’engagement de la Scène nationale en faveur de l’environnement, Châteauvallon-Liberté, vous encourage à partager vos trajets avec d’autres spectateurs.
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En partenariat avec le réseau Mistral, une navette BUS, offerte, vous transporte de la place de la Liberté jusqu’à Châteauvallon. Du Liberté à Châteauvallon, elle dessert vingt-et-un arrêts.
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Réservation conseillée et possible jusqu’à la veille du spectacle par téléphone au 09 800 840 40
Chaque soir de représentation, une petite restauration locale et de saison, pour manger sur le pouce vous est proposée ! Vous avez la possibilité de vous restaurer au moins une heure avant le spectacle et à l’issue.
Lorsque Georges Bizet compose cette œuvre en 1875, il installe son récit au cœur de l’Andalousie. Carmen la bohémienne, belle et envoûtante, souhaite quitter le possessif brigadier Don José pour le valeureux torero Escamillo. Mais la jalousie des hommes va lui coûter la vie. Abou Lagraa refuse ce sort funeste. En revisitant cette pièce, l’artiste imagine non pas une mais plusieurs Carmen, berbères, fortes et exaltantes, maîtresses de leur destin. Sur une scène épurée, douze interprètes nous plongent dans cette histoire tumultueuse, traversée désormais par la passion et l’émancipation. Au milieu de sublimes jeux de lumière, toutes et tous dansent à l’unisson le désir, la séduction et le tourment des âmes.
Chorégraphie Abou Lagraa
Avec le Ballet de l’Opéra de Tunis :
Omar Abbes, Khouloud Ben Abdallah, Hazem Chabi, Ameni Chatti, Hichem Chebli, Kais Harbaoui, Cyrine Kalai, Ranim Kefi, Yassine Kharrat, Abdel Monaïm Khemis, Oumaima Manaï et Ilyes Triki et Ousema Khlifi et Houssemeddine Achouri (remplaçants)
Musique Georges Bizet (Morton Gould & his orchestra ; London Symphony Orchestra ; Luka Faulisi & Itamar Golan)
Costumes Paola Lo Sciuto
Lumières Alain Paradis
Production Théâtre de l’Opéra de Tunis
Soutiens Ministère des Affaires Culturelles de Tunisie ; Compagnie La Baraka ; Office National du Tourisme Tunisien – Inspiring Tunisia ; Institut Français de Tunisie ; Annonay Rhône Agglo – saison culturelle En Scènes
Photos © David Bonnet
Texte © Vanessa Asse
Crée en 1875, Carmen de Georges Bizet est l’opéra français le plus représenté dans le monde. C’est avant tout la musique, tendre et mélancolique, pleine d’entrain, de gaieté et toujours accessible qui m’a donné envie d’y mêler mon écriture chorégraphique. Le challenge est d’autant plus stimulant pour moi, car je vais en contrepoint de cet opéra-comique imprégné dans la mémoire collective, optant pour une architecture épurée grâce aux lumières créées par Alain Paradis. Pas de décor, tout est dans la sobriété, pour inviter les spectateurs·rices à se concentrer sur la musique et la danse.
Pour moi, le personnage de Carmen, va au-delà d’un corps fantasmé, désiré par les hommes car elle représente surtout la liberté. Et si, dans la version de Georges Bizet, sa liberté entraîne sa mort, il m’est insupportable d’accepter le féminicide de Carmen. Hommes & femmes, sont égaux·les, libres et solidaires. Nous sommes toutes et tous Carmen.
Dans un univers poétique nimbé de mes origines et perceptions orientales, je veux transposer et réinventer non pas « une » Carmen mais « des » Carmen. Au travers de mon écriture chorégraphique, les 12 interprètes du Ballet de l’Opéra de Tunis font jaillir les figures du double de la « Carmencita », avec désir, sensualité et vitalité.
Ma chorégraphie, volontairement écrite en perpétuels mouvements de masse, nous rappelle la force de la Méditerranée, unissant le Maghreb & l’Europe.
Abou Lagraa
Chorégraphie
Né à Annonay, Abou Lagraa y débute la danse à 16 ans avant d’entrer au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon. Il entame sa carrière de danseur interprète au S.O.A.P. Dance Theater Frankfurt, auprès de Rui Horta dont il devient l’assistant pour le Ballet du Gulbenkian à Lisbonne. Très vite remarqué, il travaille avec Robert Poole, Denis Plassard et Lionel Hoche. En 1997, il fonde la Compagnie La Baraka avec laquelle il est successivement artiste associé à Bonlieu, Scène nationale d’Annecy (2004-2008) puis aux Gémeaux, Scène nationale de Sceaux (2009-2013) et enfin à la Maison de la Danse de Lyon (2015). Rapidement, la renommée de la compagnie franchit les frontières et les tournées s’enchaînent partout en Europe mais également aux États-Unis, en Algérie, en Tunisie, en Russie et en Asie…
En 2010 il crée, avec Nawal Aït Benalla, le premier Ballet Contemporain d’Alger avec Nya, pièce dont le succès aboutit à plusieurs tournées nationales et internationales. Ce retour aux sources lui a inspiré sa création 2013 El Djoudour (Les racines), issue d’un compagnonnage fructueux entre sa propre compagnie française et le Ballet Contemporain d’Alger. Cette création a ouvert la manifestation « Marseille-Provence 2013, Capitale Européenne de la Culture ». En 28 ans, Abou Lagraa a créé une trentaine de pièces. Parallèlement, le chorégraphe est régulièrement sollicité par de grandes institutions comme le CCN Ballet de Lorraine avec Fly, Fly en 2001, pièce qui rentrera par la suite au répertoire de l’ABC Dance Company de St Pölten en Autriche ; le Ballet de l’Opéra National de Paris avec le Souffle du temps en 2006 ou Wahada pour les 22 danseurs et danseuses du Ballet du Grand Théâtre de Genève.
En février 2018, La Baraka s’est implantée à Annonay dans La Chapelle Sainte- Marie. Abou Lagraa et Nawal Aït Benalla décident de codiriger La Baraka et La Chapelle. Cet écrin désacralisé, joyau de l’art baroque est transformé en studio chorégraphique et abrite les bureaux administratifs de la compagnie. La Chapelle devient un lieu de résidence de création accueillant des compagnies de danse françaises et internationales. Telle une petite « Villa Médicis » pour la danse, en Ardèche.
Le Ballet de l’Opéra de Tunis, sous la direction de Syhem Belkhodja, fait partie du pôle Ballets et Arts chorégraphiques du Théâtre de l’Opéra de Tunis. Syhem Belkhodja souhaite développer des nouveaux projets artistiques qui mettent en avant des artistes exclusivement tunisiens. Le Ballet de l’Opéra de Tunis est un levier fort pour évoquer le processus de transition démocratique en Tunisie et pour ouvrir la voie à de nouvelle création en Tunisie.
Le Ballet de l’Opéra de Tunis interprète le spectacle Carmen d’Abou Lagraa, présenté pour la première fois en février 2024 au Théâtre de l’Opéra de Tunis, puis dans plusieurs festivals. Cette version de Carmen est écourtée, essentiellement dansée et musicale, réalisée avec douze danseurs et danseuses du Ballet. Les danseur·euses vêtu·es de longs par-dessus bleu marine se lancent dans une parade de séduction, mais le personnage de Carmen n’est pas qu’un corps fantasmé, désiré par les hommes, elle représente surtout la liberté. Saisissant tous les mouvements de l’âme, le Ballet de l’Opéra de Tunis, interprète un univers poétique auréolé des origines orientales d’Abou Lagraa.