CLOTURE DE L'AMOUR
Théâtre

Clôture de l'amour

Pascal Rambert

« Les histoires d’amour finissent mal (en général) » dit-on ! Et Stan et Audrey ne font pas semblant, c’est bien fini, ils ne se veulent plus du bien mais du mal. Les mots et les phrases qu’ils s’envoient sont articulés pour blesser, aiguisés comme des lames, pointus comme des couteaux.

CLOTURE DE L'AMOUR
CLOTURE DE L'AMOUR
CLOTURE DE L'AMOUR
Lieu
  • Châteauvallon
  • Théâtre couvert
Accessibilité
  • Pour tous
    • dès 15 ans
  • Dates Durée 2h
  • jeudi 5 janvier 2023 20:30
  • vendredi 6 janvier 2023 20:30
Tarif A
  • Plein tarif 29 €
  • Tarif préférentiel 21 €
  • Tarif avec la Carte Encore 21 €
  • Tarif formule 3 spectacles et + 20 €
  • Tarif formule 10 spectacles et + 18 €
  • Tarif demandeur d'emploi 16 €
  • Tarif jeune (- de 30 ans et étudiants) 11 €
  • Tarif solidaire 5 €
Informations pratiques

Un plateau vide, boîte blanche à la lumière crue des lignes de néons. Comme une salle de répétition où se retrouvent un acteur et une actrice pour se perdre l’un à l’autre, pour clore l’histoire de leur amour d’un point final inéluctable. Ils ne dialoguent pas. L’homme, d’abord, parle, et elle écoute. Puis, à son tour elle parle et lui répond. Dans cette joute sans merci, deux monologues immenses, deux rounds d’un match à couteaux tirés, deux combats de titans. Ils s’appellent Audrey comme Audrey Bonnet et Stan, comme Stanislas Nordey… Pascal Rambert a écrit pour eux, pour ces deux-là exactement, juste ces deux-là face à face. Les bras, les poings, les corps sont traversés et répliquent, mobiles ou immobiles, vigoureux ou terrassés, toujours mobilisés. Dans cette séparation, ils ne se reconnaissent plus, ils se nient, ils s’abîment, ils se dévastent, ils désirent se détruire, s’anéantir. Dix ans après sa création (2011, au Festival d’Avignon) et après des tournées internationales, ce spectacle vit et bouleverse toujours.

Clôture de l’amour a reçu le Prix du théâtre public au Palmarès du Théâtre 2013 – Dithea, le Prix de la Meilleure création d’une pièce en langue française par le Syndicat de la Critique 2012 et le Grand Prix de littérature dramatique du Centre national du Théâtre en octobre 2012.

En collaboration avec la chorale du Conservatoire de Toulon Provence Méditerranée

Texte, conception et réalisation Pascal Rambert
Texte publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs
Avec Audrey Bonnet et Stanislas Nordey
Parures La Bourette
Arrangement musical Alexandre Meyer sur la chanson Happe (Alain Bashung — Jean Fauque) avec l’aimable autorisation des éditions Barclay / Universal©, interprétée par la chorale du Conservatoire de Toulon Provence Méditerranée
Lumières Pascal Rambert et Jean-François Besnard
Régie générale Alessandra Calabi
Régie lumière Thierry Morin
Direction de production Pauline Roussille
Administration de production Juliette Malot
Coordination de production Sabine Aznar

Production structure
Coproduction Festival d’Avignon / Théâtre du Nord — Lille

Photos © Marc Domage
Texte © François Rodinson

Audrey Bonnet et Stanislas Nordey y sont magnifiques, sans pathos mais avec une énergie et une dureté terribles. Fabienne Pascaud — Télérama

C’est bouleversant du premier au dernier mot. Pascal Rambert a composé une déchirante symphonie verbale. Jean-Pierre Léonardini — L’Humanité

Pascal Rambert réussit là la plus dévastatrice, la plus admirable, la plus poignante des scènes de rupture, qui les rassemble toutes (…) ; le texte est magnifique (il s’arrache dans les librairies d’Avignon) et prouve qu’il existe des auteurs contemporains qui écrivent en français et sont capables de nous bouleverser avec les mots et la sensibilité d’aujourd’hui, merci. Jean-Luc Porquet — Le Canard Enchaîné

Succès unanime au Festival d’Avignon, Clôture de l’amour de Pascal Rambert transforme une scène de ménage en une performance aussi cruelle qu’éblouissante. Fabienne Arvers et Patrick Sourd — Les Inrockuptibles

Pascal Rambert, qu’est-ce qui vous pousse à écrire ? Qu’est-ce qui est moteur ? Comment ça a commencé ? Pourquoi ça continue ?

Pascal Rambert — Oui… Je peux répondre… (rire) Avant, j’étais incapable d’avoir une idée, de théoriser sur ce genre de choses… Je suis un idiot… Maintenant je crois que je peux répondre. C’est simple, je me suis rendu compte que j’aime les gens. La semaine dernière, j’étais à Timisoara pour un projet en 2023. Il y a deux semaines, j’étais au Caire pour un autre projet. Et encore avant, j’étais à Milan car je suis artiste associé au Piccolo Teatro… Et partout, dans ces occasions, je vois les gens, je parle aux gens. Et j’adore ça. On ne peut pas faire ça si on n’aime pas les gens. Il y a un rapport de curiosité je crois. En septembre j’étais à Tokyo. Ensuite, je travaillerai à une version de Sœurs à Lima, au Pérou. Tous ces voyages… Je ne dis pas ça pour me mettre en avant. Pas du tout. Mais franchement, si on n’aime pas les gens, on fait autre chose. Depuis vingt ans je travaille régulièrement en Asie. Là-bas, le rapport au corps, à la pensée, au théâtre, à la représentation, tout est différent… Ça aussi, ça m’intéresse, ça m’anime. J’ai commencé à 13-14 ans à écrire de la poésie. Après, ça a été tout un concours de choses… En ce moment j’écris une nouvelle pièce pour Jacques Weber. Je n’ai pas encore le titre. Je lui ai dit : « J’écris pour ta masse physique, ta voix… » En même temps, il y a une vraie puissance, une fêlure, une fragilité… Avec Clôture de l’amour on a fait une tournée au Mexique. Au retour, dans l’avion, Stanislas Nordey me dit : « J’aimerais en faire un autre. » Douze heures plus tard je lui proposais Deux amis… Charles Berling, je l’ai vu jouer depuis trente ans. L’énergie d’une personne m’inspire. J’écris pour un corps, un âge, une tessiture… Je me connecte à l’énergie supposée, avec ce que je perçois, ce que j’imagine de cette énergie de Charles. Quand j’ai présenté pour la première fois Clôture de l’amour à Avignon, on m’a dit que j’étais quelqu’un qui cousait des mots sur la peau des autres… En plus Charles a un débit singulier, il parvient à réinventer de l’originalité. Il réinvente ce qu’il dit, c’est une fluidité qui ne ressemble pas à une langue écrite, il donne vie à cette langue que j’écris qui est tournée et retournée à l’intérieur du cerveau. J’écris très très vite. J’y pense deux ans avant mais ensuite en quinze jours ça s’écrit. J’écris surtout le matin. C’est un flux, c’est l’expression d’un flux mental. Le corps des acteurs, la puissance de ces corps, ça a toujours été ça l’important. C’était déjà le cas dans Les Parisiens avec Jean-Paul Roussillon, Claire Nebout, Dominique Frot, Miloud Khétib et les autres, à Avignon, en 1989… Je me souviens de cette énergie incroyable… Je passe mon temps à me vider… Je ne prends pas de notes… Mon travail consiste à me lever tôt. Puis yoga. Puis écriture. Je me branche sur l’énergie. Je pars avec ça… J’aurais pu continuer mes études de philo. Mais ce n’est pas l’endroit du poème. J’ai préféré être dans l’écoute. Un plaisir hédoniste avec les gens que j’aime…

Une des singularités de votre écriture, c’est le fait que les rôles, les personnages, portent les prénoms des acteurs qui les interprètent, c’est un peu votre marque. C’est un signe de l’intime et pourtant, dans vos mises en scènes, vous affirmez une vraie théâtralité. Pourquoi ce choix des prénoms ?

P. R. — Oui… Le fait d’avoir toujours mis les prénoms… Ça n’a rien à voir avec la vie privée. Je ne travaille pas avec la vie privée. Dans les années 80, on arrivait, on inventait, il y avait des choses très travaillées mais on pouvait improviser. C’était très art contemporain. Et en même temps, c’était un code intime, on brouillait la notion de personnage, c’était plus de la performance, on s’adressait entre nous, on pouvait s’adresser au public, on s’appelait naturellement par nos prénoms. J’ai grandi ça. Dans l’adresse et dans l’écart. Le fait d’être appelé par son prénom crée un appel différent. Quand on nous appelle par notre prénom, quelque chose de notre soi, profondément, est touché. Les prénoms ont une vraie fonction de tension. Le prénom, c’est la vie. Le prénom, c’est le rapport. Je connais Pascal Rambert. Mais si on m’appelle Rambert Pascal, je ne me reconnais plus vraiment. Il y a plein de milieux où l’on met le nom avant. Dans la vie administrative… Les impôts, par exemple… Le nom avant le prénom c’est souvent quand on apporte des mauvaises nouvelles. L’adresse avec le prénom amène directement dans le cœur.

Propos recueillis par François Rodinson en mars 2022

Pascal Rambert est auteur, metteur en scène, réalisateur et chorégraphe. En 2016, il reçoit le prix du Théâtre de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre. Il est artiste associé au Théâtre des Bouffes du Nord à partir de janvier 2017 et auteur associé au Théâtre National de Strasbourg depuis 2014. De 2007 à 2017, il est directeur du T2G — Théâtre de Gennevilliers qu’il a transformé en Centre dramatique national de création contemporaine.

Les créations de Pascal Rambert (théâtre, danse) sont présentées internationalement. Il met en scène des opéras en France et aux États-Unis et est le réalisateur de courts métrages sélectionnés et primés aux festivals de Pantin, Locarno, Miami, Paris. Ses textes (théâtre, récits, poésie) sont édités en France aux Solitaires intempestifs mais également traduits, publiés et mis en scène dans de nombreuses langues : anglais, russe, italien, allemand, japonais, chinois, croate, slovène, polonais, portugais, espagnol, néerlandais. Clôture de l’amour dont il est l’auteur et le metteur en scène (créée au Festival d’Avignon en 2011 avec Audrey Bonnet et Stanislas Nordey) est jouée plus de 170 fois, et traduite en 23 langues.

Après une tournée française, Une (micro) histoire économique du monde, dansée, créée en 2010, est reprise et adaptée par Pascal Rambert au Japon, en Allemagne, aux États-Unis, en Égypte et en Thaïlande. Il crée son texte Avignon à vie lu par Denis Podalydès dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes pour le Festival d’Avignon 2013.

Pascal Rambert met en scène sa pièce Répétition écrite pour Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Stanislas Nordey et Denis Podalydès en 2014 au T2G — Théâtre de Gennevilliers dans le cadre du Festival d’Automne à Paris. Soixante représentations de celle-ci seront ensuite données en tournée en 2015. En 2016, il met en scène la version italienne, Prova, au Teatro Arena del Sole de Bologne et au Piccolo Teatro di Milano, et en 2017 Ensayo version espagnole, à Madrid.

L’Académie Française lui a décerné son « Prix annuel 2015 de littérature et de philosophie » à pour Répétition. En juin 2015, dans l’espace nu du Théâtre des Bouffes du Nord, Pascal Rambert présente cinq de ses pièces : Memento Mori ; Clôture de l’amour Avignon à vie ; De mes propres mains et Libido Sciendi. Il écrit aussi Actrice pour les acteurs du Théâtre d’Art de Moscou qu’il met en scène en France en décembre 2017 au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris, avec Audrey Bonnet et Marina Hands dans les rôles principaux, et qui tourne de janvier à mars 2018. Début 2017, il écrit GHOSTs pour des acteurs Taïwanais qu’il monte pour l’ouverture du Art Tapei Festival en août 2017. Cette même année il met en scène son texte Une vie qu’il a écrit pour les comédiens de la Comédie-Française, au Théâtre du Vieux Colombiers à Paris. En mars 2018, il crée et met en scène, au Pantha Théâtre, à Caen, Reconstitution, pièce écrite pour Véro Dahuron et Guy Delamotte. En avril 2018, il crée et met en scène au Théâtre Vidy Lausanne (Suisse) Nos Parents avec les élèves étudiants de la Manufacture.

En novembre 2018 il met en scène Sœurs, un texte écrit pour Marina Hands et Audrey Bonnet, interprété par elles-mêmes à Annecy et Paris. En décembre, il crée la version espagnole, Hermanas pour Barbara Lennie et Irene Escolar à Séville et Madrid. De février à juin 2019, il est invité comme professeur artiste à Princeton University (États-Unis). Il met en scène les étudiants de Princeton dans Others créé la même année. En mars 2019, il crée 愛的落幕, la version taïwanaise de Clôture de l’amour au Metropolitan Theater de Taipei.

Il écrit Architecture pour Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Anne Brochet, Marie-Sophie Ferdane, Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey, Denis Podalydès, Laurent Poitrenaux, Pascal Rénéric et Jacques Weber, qu’il crée avec eux en juillet 2019 pour l’ouverture du Festival d’Avignon dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes, et qui tournera en France.

Il écrit et met en scène Desaparecer pour le Teatro Juan Ruiz de Alarcòn (Mexico) — création UNAM le 28 février 2020.  Il écrit et met en scène 3 annonciations pour Audrey Bonnet, Silvia Costa, Barbara Lennie en alternance avec Itsaso Arana, création le 29 septembre 2020 au TNB Théâtre National de Bretagne et tournée en France et en Europe en 2020-21.

Il écrit et met en scène STARs pour la Comédie de Genève (création février 2021). Il met en scène Sorelle, la version italienne de Sœurs, création au Teatro Astra et la version grecque à la Michael Cacoyannis Fondation. Il écrit et met en scène Dreamers pour l’école du TNB (création juin 2021 au TNB-Rennes). Il écrit et met en scène Deux amis avec Charles Berling et Stanislas Nordey (création juillet 2021 au Festival d’été de Châteauvallon). Il écrit et met en scène Kotatsu (création septembre 2021 à l’Ebarra Riverside Theater de Toyooka, Japon). Il écrit et met en scène 8 ensemble dans le cadre du projet Talents Adami Théâtre 2021.

En 2022, il créé les versions américaines de With my own hands / De mes propres mains et The Art of Theater / L’Art du Théâtre pour Ismaïl ibn Conner and Jim Fletcher créés le 14 janvier à PS21 (Performance Spaces for the 21st Century), Chatham, NY, en collaboration avec Le Public Theater/Under the Radar festival : On the Road initiative. Il crée également la pièce L’interview qu’il a écrite pour Pierrette Monticelli (création au Nest Théâtre à Thionville) écrit une nouvelle pièce, Je te réponds, pour 8 personnes détenues du centre pénitentiaire Sud Francilien de Réau (création janvier 2023). Il créé Finlandia, avec Irene Escolar et Israel Elejalde au Teatro de la Abadia de Madrid en septembre. Il adapte la version française de son monologue Perdre son sac interprété par Lyna Khoudri (création octobre 2022 à Tanger, Maroc) et répète la pièce Ranger qu’il a écrite pour Jacques Weber (création Théâtre National de Bretagne janvier 2023).

Partenaires médias

Connexions
Théâtre
Description
Festival

1, 2, 3...
Rambert !

5 jan. → 25 mars 2023