La réponse des hommes
Théâtre

La réponse des Hommes

Tiphaine Raffier

Donner à boire aux assoiffés, accueillir les étrangers, vêtir ceux qui sont nus, assister les malades… Si l’on osait répondre à cette très humaine question : qu’est-ce que faire le bien ?

Lieu
  • Châteauvallon
  • Théâtre couvert
  • DatesDurée 3h30 avec entracte
  • vendredi 5 février 19:30
Tarif A
  • Plein tarif 29 €
  • Tarif préférentiel 21 €
  • Tarif réduit 16 €
  • Tarif Jeune 11 €
  • Tarif solidaire 5 €
Informations pratiques

Entre le juste et l’injuste, le choix n’est pas toujours si évident. D’abord, qu’est-ce qui est juste ? Injuste ? Avant de répondre, Tiphaine Raffier pose la question.

La morale n’est pas ici une injonction, l’engagement vers le bien n’a rien d’abstrait, ce sont des corps qui agissent, des gestes. La question du choix est simple ou complexe mais soulager le corps ou l’esprit de son prochain requiert des actes.

La scénographie évoque la Chapelle Pio Monte delle misericordi, à Naples, dans laquelle une peinture du Caravage décrit Sept œuvres de miséricorde. Des colonnades, des traces anciennes en partie recouvertes…

Sur scène, un ensemble de musique classique, un danseur, une caméra qui sonde les cœurs. Une quinzaine de tableaux, différents personnages, plus ou moins aimables, plus ou moins détestables, des dilemmes moraux contemporains… C’est finalement à nous que ces questions se posent. Que ferions-nous, nous, dans ces situations ?

Tiphaine Raffier, votre spectacle a pour titre La Réponse des Hommes. Quelle est donc cette question qui leur est posée, aux Hommes ?

Tiphaine Raffier — Des questions morales sont posées en passant par les œuvres de miséricorde dûment répertoriées par Saint Matthieu dans Le Nouveau Testament. Par exemple, à partir de « assister les malades », deux questions se posent : « c’est quoi l’assistance ? » et « c’est quoi un malade ? ». Ces deux questions me suggèrent une fiction, des personnages entraînés dans des histoires, confrontés à des choix, des situations à partir desquelles j’écris le texte du spectacle. Je compose des scènes, des tableaux de durée variable, de cinq à quarante minutes où ces questions sont posées de différents points
de vue. Le spectateur, en face, est lui-même très actif, il se pose lui aussi nécessairement des questions. J’essaie de provoquer un cheminement. Je dessine la carte de ce cheminement mais, dans ce cadre, le spectateur est libre. Cela dit, je ne cherche pas à perdre les gens. On sait très bien qui est le frère de qui et autres données anecdotiques, c’est clairement établi de manière à laisser le champ libre aux grandes questions morales, fondamentales, intéressantes, puissantes.
Il faut donc que le chemin soit bien tracé.

Peut-on parler d’une esthétique de l’éthique ?

T. R. L’esthétique est plurielle. Sur le plateau, il y a un ensemble de musique classique, un danseur, un vidéaste et dix acteurs. J’aime le plaisir du spectacle. Si ce plaisir est au service de ce que l’on raconte, évidemment. Il n’y a rien de gratuit. Si l’on décide d’utiliser l’image, c’est qu’entre le moment où la caméra s’allume et celui où la caméra s’éteint il y a une question morale posée que l’on formule mieux avec la caméra, avec l’usage d’un gros plan par exemple.
C’est que cette technique, à ce moment précis, est une nécessité. On peut donc dire qu’il y a non seulement une esthétique de l’éthique mais également une éthique de l’esthétique !

Quel est le rôle de la musique dans le spectacle ?

T. R. Ça dépend des œuvres. Parfois, c’est un levier émotionnel très simple. On a besoin de l’émotion pour penser les choses dans leur complexité. Ce ne peut pas être que de la théorie, ça passe par le corps aussi. Le corps des spectateurs autant que le corps des acteurs. On va également essayer de poser la question du lien entre la morale et la musique. Question un peu folle, certes. Mais en quoi la musique peut-elle nous déranger quand elle va dans des disharmonies ? En quoi peut-elle aussi nous endormir ou nous rassurer, voire nous emprisonner dans l’harmonie ? Nous posons la question de la morale dans l’art sans être figuratifs.

Propos recueillis par François Rodinson
pour la scène nationale Châteauvallon-Liberté

 

Écriture et mise en scène Tiphaine Raffier
Avec Sharif Andoura, Eric Challier, Teddy Chawa, Pep Garrigues, François Godart, Camille Lucas, Edith Merieau, Judith Morisseau, Catherine Morlot, Adrien Rouyard
Compositeur Othman Louati
Musiciens de l’Ensemble Miroirs Étendus :
Guy-Loup Boisneau, Emile Carlioz, Clotilde Lacroix, Romain Louveau
Assistant et dramaturge Lucas Samain
Chorégraphe Pep Garrigues
Scénographe Hélène Jourdan
Vidéaste Pierre Martin
Cadreur Raphael Oriol
Lumière Kelig Le Bars
Son Frédéric Peugeot / Hugo Hamman
Régisseur son Martin Hennart
Régisseur lumière Christophe Fougou
Costumes Caroline Tavernier
Régie générale Olivier Floury
Régie plateau Marie Lévêque
Administratrice Sabrina Fuchs
Chargée de production Juliette Chambaud 

Production La femme coupée en deux, La Criée – Théâtre national de Marseille
Production musicale Miroirs Étendus
Coproduction ExtraPôle Provence-Alpes-Côte d’Azur*, Festival d’Avignon, SN de Châteauvallon-Liberté, Odéon-Théâtre de l’Europe, Théâtre de Lorient – CDN, Théâtre du Nord – CDN Lille-Tourcoing, Théâtre National Populaire de Villeurbanne, Théâtre Olympia – CDN de Tours, La Rose des vents – SN Lille Métropole Villeneuve d’Ascq, Théâtre Gérard Philipe – CDN de Saint-Denis, Le Quartz – SN de Brest, Scène Nationale 61, Le Phénix – SN de Valenciennes-Pôle européen de création, Théâtre du Préau – CDN de Vire-Normandie.

Avec le soutien de La DRAC Hauts-de-France, de La Région Hauts-de-France, de la Ville de Lille, de la DGCA et du Grand sud/Lille.

Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National et le dispositif d’insertion de l’École du Nord – soutenu par la Région Hauts-de-France et le Ministère de la Culture

*Plateforme de production soutenue par la Région SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur rassemblant le Festival d’Avignon, le Festival de Marseille, le Théâtre National de Nice, le Théâtre National de Marseille La Criée, Les Théâtres, Anthéa, la scène nationale Liberté-Châteauvallon et la Friche la Belle de Mai.

Photo © Pierre Martin
Texte © François Rodinson