LE TAMBOUR DE SOIE
Danse

Le Tambour de Soie

Jean-Claude Carrière — Kaori Ito et Yoshi Oïda

« Voici un tambour que je t’offre. Pour que tu me fasses danser. Si tu en joues, je viendrai avec toi. » Impossible, bien sûr, si la peau de ce tambour est en soie ! Yoshi Oïda qui a joué dans les plus légendaires des spectacles de Peter Brook et Kaori Ito, danseuse fascinante qui a illuminé les chorégraphies des plus grands de Platel à Preljocaj, font renaître un Nô* adapté par Jean-Claude Carrière. Corps et esprits s’allient pour un souffle d’éternité plein de vitalité.

LE TAMBOUR DE SOIE
LE TAMBOUR DE SOIE
LE TAMBOUR DE SOIE
Lieu
  • Châteauvallon
  • Théâtre couvert
Accessibilité
  • Pour tous
    • dès 13 ans
  • Dates Durée 1h
  • mardi 4 avril 2023 20:30
Tarif A
  • Plein tarif 29 €
  • Tarif préférentiel 21 €
  • Tarif avec la Carte Encore 21 €
  • Tarif formule 3 spectacles et + 20 €
  • Tarif formule 10 spectacles et + 18 €
  • Tarif demandeur d'emploi 16 €
  • Tarif jeune 11 €
  • Tarif solidaire 5 €
Informations pratiques

La pièce de théâtre Nô, Aya no Tsuzumi, dont s’inspire Jean-Claude Carrière, date du XIVe siècle. En 1955 Yukio Mishima actualise cette pièce. À la fin du XXe siècle, Jean-Claude Carrière adapte à son tour ce Nô. Aujourd’hui, en ce début de XXIe siècle, Yoshi Oïda, 89 ans, comédien compagnon de route de Peter Brook et Kaori Ito, danseuse de 43 ans, adaptent à leur tour ce Tambour de Soie. Deux Japonais installés depuis longtemps en France et qui fréquentent les plus grandes scènes bâtissent un pont entre l’Orient et l’Occident, entre les cultures ancestrales d’un Japon riche en légendes et la modernité qui relègue la mort au loin. Presque pas de paroles mais deux corps qui parlent et dialoguent dans un duo qui rend tangible l’invisible. Le fantôme du vieil homme vient hanter la jeune femme qui s’est joué du vieillard transi et c’est un gouffre temporel qui s’ouvre aux confins du sensible. Une histoire de transmission, donc, qui vient de loin et nous entraîne en territoire enchanté.

*Nô — Forme de théâtre classique japonais, alliant la poésie à la danse et à la musique.

Texte Jean-Claude Carrière inspiré de Yukio Mishima
Mise en scène et chorégraphie Kaori Ito et Yoshi Oïda
Avec Kaori Ito, Yoshi Oïda et Makoto Yabuki
Musique Makoto Yabuki
Lumières Arno Veyrat
Son Olivier M’Bassé
Costumes Aurore Thibout
Couleurs textiles Aurore Thibout et Ysabel de Maisonneuve
Collaboration à la chorégraphie Gabriel Wong
Collaboration à la mise en scène Samuel Vittoz

Production déléguée Maison de la Culture d’Amiens – Pôle européen de création et de production
Production Compagnie Himé
Coproduction Festival d’Avignon / Théâtre de la Ville – Paris
La compagnie Himé est soutenue par le Ministère de la culture – DRAC Ile de France, par la Région Ile-de-France et le Département du Val-de-Marne.
La compagnie Himé reçoit le soutien de la Fondation BNP Paribas pour l’ensemble de ses projets depuis sa création en 2015.
Kaori Ito est artiste associée à la Mac de Créteil, au Centquatre à Paris et au CDN de Normandie – Rouen.
La compagnie Himé est en compagnonnage artistique avec KLAP Maison pour la danse à Marseille et en résidence à Fontenay en Scènes – Ville de Fontenay-sous-Bois et au Théâtre du Fil de l’eau – Ville de Pantin.
La résidence de la Compagnie Himé au Théâtre du Fil de l’eau – Ville de Pantin est soutenue par le Département de la Seine-Saint-Denis.

Photos © Christophe Raynaud de Lage
Texte © François Rodinson

Jeu, duperie, remords et culpabilité hantent l’argument de la pièce mais Le Tambour de soie trouve son universalité bien au-delà de ces thèmes communs : dans une esthétique du ravissement, doublée d’un humour tendre, hors du temps et des frontières. Marie-Valentine Chaudon — La Croix

Un Tambour de soie magnifique, porté par les ailes du désir. (…) Lui, splendide compagnon des spectacles de Peter Brook, c’est l’acteur invisible, au sens où la grâce l’est. Elle, c’est une flamme, la danse dans tous ses états. Leur rencontre est magnifique : ils sont au-delà de l’âge et du temps.
Brigitte Salino — Le Monde

Les deux principaux interprètes se révèlent être un couple fascinant. La japonaise Kaori Ito est devenue une figure aux multiples talents de la scène chorégraphique contemporaine française, et elle fait équipe ici avec Yoshi Oïda, comédien de 87 ans connu pour ses collaborations avec le metteur en scène Peter Brook. Laura Cappelle — The New-York Times

Yoshi Oïda est un immense acteur. Lui et la danseuse et chorégraphe Kaori Ito sont dans un moment de théâtre et de danse, de remémoration et de spiritualité. Laure Adler — France Inter – L’Heure bleue

J’ai rencontré Yoshi à Paris il y a presque 10 ans. Il m’a fascinée car j’ai trouvé « un japonais complètement libre ». Jusqu’à aujourd’hui, il est toujours mon ami proche et mon maître. Il a vécu l’avant-guerre, l’après-guerre et maintenant l’iPhone. Il est un grand acteur renommé de Peter Brook et continue de réaliser ses rêves. Nous avons travaillé ensemble pour le projet Yumé qui est inspiré d’une histoire de Nô Matsukazé. Aujourd’hui, il a 87 ans et il est très en forme. Il continue d’apprendre beaucoup de choses et j’apprends énormément de lui sur la vie, le travail et le Japon.

Nous avons ce désir commun de créer une pièce à nous deux, d’être sur scène ensemble et peut-être que ce sera notre dernière aventure.

Le projet est inspiré d’une pièce de théâtre Nô. C’est l’histoire d’un vieil homme qui nettoie les jardins d’un palais et qui tombe amoureux d’une princesse. La femme lui fait passer un tambour japonais et lui transmet le message, « Si vous pouvez le faire sonner, je suis à vous ». Il essaie mais il n’y arrive pas car la surface du tambour a été remplacée par de la soie. L’homme se suicide et revient hanter la femme. Nous avons choisi avec Jean-Claude Carrière de nous inspirer d’une version adaptée de cette histoire par Yukio Mishima qui était un grand ami de Yoshi. Dans sa version, la femme dit à la fin « comme en rêve : Je l’aurais entendu s’il avait frappé une fois de plus. »

Ce qui nous intéresse dans cette fable, c’est une histoire de transmission entre une femme qui se sent déjà vieillir et un homme âgé qui se sent encore jeune.

Kaori Ito

Je souhaite raconter une histoire dans laquelle on suivrait la genèse du sentiment de culpabilité d’une femme, son développement et la métamorphose nécessaire pour s’en libérer. Le point de départ serait une action vécue comme criminelle par cette femme.

On peut différencier trois formes de crime. Un crime lié à son propre être. La religion a pu considérer le corps de la femme comme source de péché dédouanant ainsi l’homme de sa propre responsabilité par exemple. Un crime est aussi l’action de faire intentionnellement du mal à une autre personne. Il existe une troisième forme de crime, comme la non-assistance à personne en danger.

Une femme par sa beauté va malgré elle séduire un homme et se jouer de lui en faisant croire qu’il peut lui plaire. Elle prend alors conscience de son méfait et développe un terrible sentiment de culpabilité. Comment peut-elle s’en libérer ? Quelle est la responsabilité de cet l’homme ?

Yoshi Oïda

Jean-Claude Carrière

Né dans une famille de viticulteurs, Jean-Claude Carrière est un élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud. Après une licence de Lettres et une maîtrise d’Histoire, il abandonne rapidement sa vocation d’historien pour le dessin et l’écriture. Il publie en 1957 son premier roman, Lézard, et rencontre Pierre Étaix chez Jacques Tati avec qui il cosigne des courts et des longs métrages.

Jean-Claude Carrière a très souvent travaillé sur des adaptations littéraires, tant pour le théâtre que le cinéma ou la télévision, rencontrant très fréquemment un succès critique et public. Il travaille en particulier aux côtés d’André Barsacq, Luis Buñuel et Peter Brook. Il écrit en 1992 La Controverse de Valladolid, roman qui sera par la suite adapté au théâtre et à la télévision.
Jean-Claude Carrière a notamment écrit les scénarios des films Le Tambour (1979) ou encore Un papillon sur l’épaule (1978).
Il reçoit en 1983 le César du meilleur scénario original pour Le Retour de Martin Guerre réalisé par Daniel Vigne et en 1991 le Molière de la meilleure adaptation pour La Tempête mis en scène par Peter Brook. Il travaille aussi régulièrement avec le réalisateur tchèque Miloš Forman.
Il a reçu de nombreux prix dont un Oscar d’honneur aux Governors Awards en 2015.

Kaori Ito

Née au Japon, Kaori Ito étudie le ballet classique dès l’âge de 5 ans. À 20 ans, elle part à New York pour intégrer la section danse de l’Université Purchase. De retour à Tokyo, elle obtient un diplôme de sociologie et décroche une bourse pour retourner à New York dans le cadre du programme d’études internationales pour les artistes du gouvernement japonais. Elle étudie à l’Alvin Ailey Dance Theater.

Kaori Ito a été interprète pour Philippe Decouflé, Angelin Preljocaj, Alain Platel, Sidi Larbi Cherkaoui et James Thierrée avant de se lancer elle-même dans l’aventure chorégraphique dans le cadre de collaborations, avec Aurélien Bory, Olivier Martin-Salvan, ou pour sa propre compagnie. Artiste polymorphe, elle réalise également des vidéos, des peintures et collabore régulièrement au théâtre et au cinéma (avec Édouard Baer, Denis Podalydès ou Alejandro Jodorowsky).

Entre 2008 et 2010, elle crée son premier spectacle Noctiluque, puis Solos et Island of no memories. En 2013, Les Ballets C de la B produisent sa création Asobi et en 2016, elle crée Puedo Flotar ? dans le cadre d’une commande du BANCH – Ballet national du Chili.

Entre 2015 et 2018, elle développe une trilogie autobiographique Je danse parce que je me méfie des mots (duo avec son père – 2015), Embrase-Moi (performance avec son compagnon – 2017) et Robot, l’amour éternel (en solo – 2018). Elle reçoit le prix « Nouveau talent chorégraphie » de la SACD et est nommée Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. Kaori apparaît également dans Poesía sin fin d’Alejandro Jodorowsky, sorti pour la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2016, et dans Ouvert la nuit d’Édouard Baer. Pour Japonismes 2018, elle crée Is it worth to save us ? avec l’acteur japonais Miraï Moriyama.

Yoshi Oïda

Yoshi Oïda est un acteur, metteur en scène et écrivain japonais, né en 1933 à Kōbe. Oïda a une maîtrise en philosophie de l’Université de Keio. Il se fait d’abord connaître au Japon en 1953 : télévision, cinéma et théâtre contemporain. Il collabore avec Yukio Mishima.

Invité en France par Jean-Louis Barrault en 1968, il y travaille avec Peter Brook. En 1970, il entre au Centre international de recherche théâtrale (CIRT) fondé par Peter Brook. Il participe ensuite à ses plus célèbres spectacles au Théâtre des Bouffes du Nord : Les Iks d’après Colin Turnbull, La Conférence des oiseaux d’après Farid Al-Din Attar, Le Mahabharata (épopée hindoue), La Tempête d’après Shakespeare, L’homme qui d’après Oliver Sacks.

Il joue aussi au cinéma pour Peter Greenaway (The Pillow Book) et écrit sur le théâtre trois ouvrages théoriques, traduits en plusieurs langues : L’Acteur flottant, L’Acteur invisible et L’Acteur rusé.
À partir de 1975, parallèlement à son métier de comédien, Yoshi Oïda met aussi en scène du théâtre, des opéras et de la danse (Fin de partie de Samuel Beckett, Les Bonnes de Jean Genet, Nabucco de Verdi, Don Giovanni de Mozart, War Requiem de Benjamin Britten, La Frontière de Philippe Manoury, etc).