Danse

Silent Legacy

Maud Le Pladec feat. Jr Maddripp

Imaginée et conçue par Maud Le Pladec, cette pièce est le succès du Festival d’Avignon 2022. Elle met en scène deux solos totalement différents, interprétés par Adeline Kerry Cruz, 10 ans, jeune prodige canadienne du Krump, et Siaska Chareyre, danseuse contemporaine.

Lieu
  • Châteauvallon
  • Théâtre couvert
Accessibilité
  • En famille
    • dès 8 ans
  • Dates Durée 50 min
  • vendredi 26 janvier 2024 20:30
Tarifs
  • Plein tarif 30 €
  • Tarif adulte avec la carte Châteauvallon-Liberté 20 €
  • Tarif partenaire (CSE et Associations culturelles partenaires) 20 €
  • Tarif - 30 ans 15 €
  • Tarif - 18 ans 10 €
  • Tarif solidaire 5 €

Avec la Carte Châteauvallon-Liberté, votre 6ème place de spectacle est offerte !

Informations pratiques

Adeline Kerry Cruz nous bluffe quand elle se met à krumper aux côtés de son mentor Jr Maddripp. La Montréalaise pratique cette danse urbaine, originaire des quartiers pauvres de Los Angeles avec une maturité déconcertante. Audrey Merilus a, pour sa part, une formation académique. Elle fait partie des danseuses les plus remarquées du moment. À travers leur parcours et leur identité, Maud Le Pladec s’interroge sur la transmission dans l’exercice de la danse et dépoussière pas mal d’idées reçues.

Présenté au 76e Festival d’Avignon

Conception, direction artistique et chorégraphie Maud Le Pladec feat. Jr Maddripp

Solo Adeline Kerry Cruz

Avec Maud Le Pladec et Jr Maddripp

Solo Siaska Chareyre

Avec Maud Le Pladec et Audrey Merilus

Assistanat à la chorégraphie Régis Badel
Musique composée, arrangée, interprétée et produite par Chloé Thévenin
Travail vocal Dalila Khatir
Assistanat à la dramaturgie musicale Pere Jou
Conception et création costumes Christelle Kocher – KOCHÉ
Assistanat aux costumes Marion Régnier
Création lumières et scénographie Éric Soyer
Régie générale Fabrice Le Fur
Régie lumières Nicolas Marc
Régie son Justine Pommereau
Diffusion et développement A propic / Line Rousseau, Marion Gauvent et Lara van Lookeren

Production Centre Chorégraphique National d’Orléans
Coproduction Festival d’Avignon / Par.BL.eux, centre culturel canadien à Montréal (Québec) / Chaillot – Théâtre national de la Danse et avec le soutien de Dance Reflections by Van Cleef & Arpels / Le Carreau Scène nationale de Forbach et de l’Est mosellan / La Comédie de Clermont-Ferrand scène nationale / Scène nationale d’Orléans / Les Halles de Schaerbeek Bruxelles (Belgique) / Ville de Fontenay-sous-Bois – Fontenay en scènes / Le Gymnase CDCN Roubaix Hauts-de-France
Résidences de création Centre chorégraphique national d’Orléans / Théâtre d’Orléans en collaboration avec la Scène nationale d’Orléans / Par.BL.eux, Centre culturel canadien à Montréal (Québec)

Le Centre chorégraphique national d’Orléans est soutenu par le Ministère de la Culture Drac Centre-Val de Loire, Ville d’Orléans, Région Centre-Val de Loire, Conseil départemental du Loiret. Il reçoit l’aide de l’Institut français, Ministère des Affaires étrangères pour ses tournées à l’étranger.

Photos © Alexandre Haefeli (couverture) et © César Vayssié
Texte © Vanessa Asse

Dans Silent Legacy, il s’agit de poursuivre ce travail de fouille entre sociologie du genre, héritage et culture de danse. Mon désir de faire un nouveau projet ayant été fortement impulsé par une rencontre forte, celle d’Adeline Kerry Cruz, petite prodige du krump âgée de 8 ans vivant à Montréal.

Pour les deux créateurs de cette danse, Tight Eyez et Big Mijo, cette danse est un don de Dieu et sa pratique est synonyme de louange. Le krump est un véritable mode de vie et moyen d’expression, à la dimension quasi-spirituelle (danser rapprocherait du divin), les krumpers extériorisent avec la danse, leur violence et leur rage intérieure, pour mieux les canaliser. Dans le contexte social difficile du Los Angeles de l’époque, on danse pour ne pas tomber sous les balles des gangs et avoir une ligne de conduite, « certains seraient morts s’ils n’avaient pas eu la danse» affirme Tiger, un krumper français. Un héritage se créé, un mouvement se dessine, et très vite, celui-ci se structure et la technique se développe à vitesse grand V. Rassemblés en « familles », aux « blazes », les anciens enseignent les fondamentaux aux plus jeunes : le stomp (les pieds frappent lourdement le sol), le chest pop (la poitrine semble faire des convulsions vers le haut) et le arm swing (mouvement de bras mimant le jet d’un projectile ou un coup de poing mais avec les mains ouvertes) auxquels s’ajoutent des gimmicks (langue tirée, front plissé, bouche ouverte, regards menaçants), l’énergie et le style de chacun. Au son de beats hip-hop lourds, saturés et lents, les danseurs s’affrontent et se provoquent lors de freestyle ou battles impressionnants, parfois jusqu’à la transe, à la manière des danseurs de capoeira brésilienne qui simulent le combat. Si les cris (« hype») fusent, ce n’est pas par agressivité mais pour mieux inciter l’autre à se surpasser : «De l’extérieur, ça peut faire peur, mais on prône avant tout le dépassement de soi et le respect de l’autre. Quand tu krumpes, tu partages, tu donnes tout, tu t’exprimes.» comme l’explique Cyborg, krumper français. Le krump est un concentré de puissance et d’émotion bruts, une danse exutoire et libératrice loin des codes « peace, unity, love and having fun» du hip-hop.

La musique danse autant que les corps. […] Maud Le Pladec offre à ces deux danseuses, chacune à des moments très différents de leur vie, de se laisser aller à leurs gestes très libres. Joli. Toute La Culture

Maud Le Pladec s’attache à une forme sensible et intime pour un dialogue entre deux générations de danseuses. La Terrasse

Ainsi, dans Silent Legacy, les danses urbaines et la chorégraphie contemporaine sont ramenées à une même chose, la recherche d’une expression juste à travers le mouvement. D’où la coexistence apaisée de ces deux formes, celle, instituée, de la danse contemporaine, et celle, populaire et spontanée, du krump, dont la génétique n’est pas moins riche. C’est à travers cet assemblage un peu halluciné, presque onirique que Silent Legacy creuse sa beauté. L’Œil d’Olivier

Le krump et la danse contemporaine se toisent, se confrontent et se répondent pour interroger, de façon aussi intense que sublime, leur héritage commun et leurs divergences. […] Le coup de maître de Maud Le Pladec […] s’impose alors dans toute sa justesse, et toute sa puissance. Sceneweb

Maud Le Pladec

Après avoir suivi la formation Ex.e.r.ce au CCN de Montpellier, Maud Le Pladec est interprète pour plusieurs chorégraphes comme Georges Appaix, Emmanuelle Vo-Dinh, Loïc Touzé, Mathilde Monnier, Herman Diephuis, Mette Ingvartsen ou encore Boris Charmatz. En 2010, elle crée sa première pièce Professor, pièce chorégraphique pour trois interprètes sur la musique de Fausto Romitelli. En 2011, elle crée Poetry deuxième volet d’un diptyque autour de Fausto Romitelli. En 2012, elle initie To Bang on a can, projet de recherche et de création déclinant trois pièces et divers chantiers artistiques sur quatre ans (2012-2015). Ominous Funk et Demo, autour et à partir de l’œuvre musicale des compositeurs David Lang et Julia Wolfe, seront le point de départ de ce chantier au long cours. En 2013, Maud Le Pladec est lauréate du programme Hors les Murs de l’Institut français et effectue dans ce cadre une recherche à New York sur le courant de la musique post-minimaliste américaine. De cette recherche naissent la création Democracy, pièce pour cinq danseurs et quatre batteries (Ensemble TaCtuS) et Concrete (2015), projet d’envergure conçu pour cinq danseurs et neuf musiciens de l’Ensemble Ictus. En 2015, Maud Le Pladec est invitée par l’Opéra de Lille à collaborer à la création de l’Opéra Xerse (Cavalli / Lully, mise en scène Guy Cassiers, direction musicale Emmanuelle Haïm / Concert d’Astrée). Cette même année, elle initie un nouveau cycle de créations autour de la parole donnée aux femmes en co-créant Hunted avec la performeuse new yorkaise Okwui Okpokwasili. Ses œuvres ont été récompensées par des prix et distinctions : prix de la révélation chorégraphique du Syndicat de la critique française en 2009, prix Jardin d’Europe en 2010, Chevalier de l’ordre des arts et des lettres en 2015. En 2016, elle travaille à l’Opéra National de Paris sur Eliogabalo (Francesco Cavalli) avec le metteur en scène Thomas Jolly et sous la direction musicale de Leonardo Garcia Alarcon. Parallèlement, Maud Le Pladec est artiste associée à La Briqueterie — CDCN du Val de Marne et continue à danser pour Boris Charmatz (Levée des conflits, Enfant, Manger, 10 000 gestes). Depuis 2017, elle succède à Josef Nadj et dirige le Centre chorégraphique national d’Orléans. Elle a créé depuis Moto-Cross (Les Subsistances / Biennale du Val de Marne), Je n’ai jamais eu envie de disparaître avec l’auteur Pierre Ducrozet dans le cadre de Concordan(s) e, Borderline en collaboration avec le metteur en scène Guy Cassiers et Twenty-seven perspectives pour le Festival Montpellier Danse 2018. Une première collaboration avec le monde du cinéma prend forme avec Valérie Donzelli et son film Notre-Dame, sortie en 2019. En 2021, elle a présenté Static shot avec le CCN — Ballet de Lorraine, et Counting Stars with you (musiques femmes), une création dédiée au matrimoine musical.

Adeline Kerry Cruz

« Nous écoutions beaucoup de musique hip-hop quand Adeline Kerry Cruz était bébé et elle semblait toujours bouger avec ces grands mouvements agressifs. Nous avons décidé de la mettre à la danse hip-hop quand elle avait 4 ans, à Urban Element Zone. Dès son premier cours, elle a appris les éléments du hip-hop (D.J., Graffiti, B-Boy, M.C.). Nous savions que nous étions au bon endroit. À l’époque, elle suivait des cours de ballet et de hip-hop, et elle aimait vraiment les deux. Elle a toujours aimé danser et lorsque la musique jouait n’importe où, elle ne pouvait s’empêcher de la sentir en elle. À la fin de chaque cours, il y avait un cypher, où les élèves devaient faire un solo dans le cercle. Il lui a fallu beaucoup de courage pour arriver à être assez courageuse pour se lancer, mais finalement, elle l’a fait, et parfois, il était difficile de la faire sortir. En 2019, elle a passé une audition pour faire partie d’une troupe de hip-hop à l’UEZ et a réussi. Elle n’avait jamais été aussi fière d’elle-même. Elle répétait les mouvements avec son père dans le salon et dansait constamment devant le miroir. En 2020, elle était sur le point de participer à son premier concours de danse lorsque la pandémie a frappé et que tous les cours de danse ont été arrêtés. À l’époque, son studio ne proposait rien en ligne, mais elle avait le cœur à la danse et rien ne pouvait l’arrêter. Elle a continué à danser dans le miroir et à monter des spectacles à la maison. En 2020, nous avons été contactés par la compagnie de danse Jacob Jonas The Company qui avait vu des vidéos que son père avait postées sur son Instagram personnel où elle dansait. Jacob lui a demandé si elle voulait jouer dans un de leurs films (Sit Still) dans le cadre de la série films Dance. Le réalisateur du film, Vincent René Lortie, voulait montrer l’expression à travers la danse et a décidé d’utiliser le style krump comme moyen d’expression. Adeline n’avait jamais pris de cours de krump auparavant, mais elle était incroyablement heureuse de reprendre des cours, cette fois sur Zoom, avec le krumper de renommée mondiale, Russell « Gutta » Ferguson. Après quelques semaines de répétitions, elle a joué dans la vidéo. À partir de ce moment-là, elle a été complètement dépassée par le krump. C’était presque comme si le petit vocabulaire que Russell avait pu lui montrer pendant ces deux semaines lui avait permis de s’exprimer d’une manière dont elle n’avait jamais été capable auparavant. En mars 2021, elle est entrée en contact avec Jr Maddripp, un krumper parisien qui vivait à Montréal et qui avait étudié pendant des années avec l’un des créateurs du krump, Tight Eyez. Jr Maddripp a pris Adeline sous sa direction et l’a aidée à développer son propre vocabulaire de krump et à s’exprimer. Elle a commencé à apprendre l’art de raconter des histoires par la danse et la puissance du krump pour exprimer ses émotions, ses idées et même son imagination. Elle a gagné le nom de « Lil One ». Au cours de l’été 2021, elle s’est produite avec Les 7 Doigts de la Main dans BRUME en tant que danseuse aux côtés de Jr Maddripp et était si incroyablement fière de danser aux côtés de son idole personnelle. Adeline adorait faire du labo avec Jr Maddripp, et elle n’arrivait pas à croire qu’elle avait pu se produire avec lui dans un spectacle en direct. » — de Mandy, la mère d’Adeline Kerry Cruz.

Audrey Merilus

Audrey Merilus (France, 1995) étudie au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon (CNSMDL), puis poursuit sa formation à P.A.R.T.S. Dès 2018, elle rejoint le Centre chorégraphique national d’Orléans (CCNO) de Maud le Pladec pour la pièce 27 Perspectives. Audrey travaille ensuite avec Michiel Vandevelde pour la production The Goldberg Variations et poursuit avec Dances of Death (Disagree). Elle participe à la création Somnia (Rosas-TgStan), avec Anne Teresa De Keersmaeker et Jolente De Keersmaeker. En 2020, Audrey rejoint la compagnie Rosas. Depuis avril 2021 elle collabore étroitement avec l’artiste autrichienne Florentina Holzinger à l’occasion de la Wiener Festwochen 2021, ainsi que pour sa dernière création A Divine Comedy. Plus récemment, Audrey travaille avec Maud le Pladec pour la création d’un solo/trio en collaboration avec Chloé Thevenin et Christelle Kocher (KOCHÉ).