Océan est un « infiltré » dans le monde des hommes. Enfant des années 1980, il raconte son apprentissage de la masculinité et de la blanchité en prenant appui sur son apprentissage des catégories homme – femme, puis de son expérience de transition de genre, mais aussi de l’histoire scientifique. Construit en trois mouvements, le spectacle tisse en permanence la grande histoire des normes de genre et la trajectoire intime d’Océan.
Avec la Carte Châteauvallon-Liberté, votre 6ème place de spectacle est offerte !
Dans le cadre de l’engagement de la Scène nationale en faveur de l’environnement, Châteauvallon-Liberté, vous encourage à partager vos trajets avec d’autres spectateur·rices.
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Tarif spécial à 4 € de 19h à 2h les soirs de représentation au parking Q-Park Liberté, place de la Liberté en réservant ici.
Le bar est ouvert les jours de représentation, 1h avant le début du spectacle et après la représentation. Il propose une restauration légère, avec des produits locaux et de saison.
Dans ce solo hybride, entre récit de soi et histoire collective, composé d’archives documentaires, de dessins, de drag, l’artiste fait de son histoire intime un levier pour penser les normes, les attentes et les récits collectifs. Océan imagine un spectacle qui répondrait au besoin de déplacer le regard, de renvoyer chacun·e à ses propres injonctions normatives : « et vous, votre genre, vous le performez comment ? » demande-t-il. En reprenant le contrôle du récit, Océan met en lumière le cisgaze — la façon de représenter les personnes trans sans questionner ses propres normes ni les clichés habituels — pour ouvrir un espace commun, où le genre apparaît comme une construction collective, instable et partagée par toutes et tous.
Découvrez les références d’Océan pour son spectacle L’Infiltré ici
La représentation du Mer. 6 mai sera précédée à 19h du vernissage de l’exposition Sauvage Nature de Sophie Hatier.
Conception et écriture Océan
Mise en scène Océan et Flore Vialet
Création lumière Léa Maris
Création sonore Elisa Monteil
Création et régie vidéo Jean Doroszczuk
Dessinatrice Anaïs Caura
Chorégraphie Marlène Rostaing
Dramaturgie Leïla Adham
Régie générale et régie lumière Marie-Lou Poulain
Régie son Elisa Monteil ou Gaëlle Courcier
Compositeur Thibault Frisoni
Scénographie Marco Ievoli
Costume Colombe Lauriot Prévost
Direction de production Olivier Talpaert et Nathalie Untersinger — En Votre Compagnie
Répétitrice Debi Debbie
Avec Océan et la complicité des élèves de l’option théâtre du Lycée Dumont d’Urville
Production déléguée En Votre Compagnie
Coproduction Châteauvallon-Liberté, scène nationale / MIXT – Terrain d’arts en Loire-Atlantique / Les Plateaux Sauvages / Théâtre National de Strasbourg / Avant-Poste, Bordeaux
Accueil en résidence Chartreuse – CNES – Villeneuve-lez-Avignon
Co-réalisation Les Plateaux Sauvages
Avec l’accompagnement du Centre des Récits du Théâtre National de Strasbourg
Avec le soutien et l’accompagnement technique des Plateaux Sauvages
Les décors sont réalisés par les ateliers du Théâtre National de Strasbourg
Avec le soutien de la DRAC Ile-de-France et de la Ville de Paris
Photos © Pauline Le Goff
Texte © Vanessa Asse
Aujourd’hui, alors que j’ai toute l’apparence d’un homme cisgenre et les papiers qui vont avec, j’accède aux espaces de non mixité des hommes, des vestiaires de la salle de sport à leurs conversations et solidarités quand ils sont entre eux.
Tant de choses m’ont surpris, parfois atterré, amusé ou terrifié dans ces interactions que j’ai vite développé le désir de partager ces expériences de la non-mixité masculine sur scène.
Peut-être aussi que j’avais besoin moi-même d’avoir ce corps, ces muscles, cette barbe (légère mais barbe quand même !), cette voix grave pour m’autoriser à les regarder eux, non plus comme une norme mais comme un groupe social singulier.
Si mon désir de scène, ces dernières années, n’était pas une évidence, c’est sans doute parce que j’ai vécu de façon systématique, depuis l’annonce de ma transition, ces questions intrusives, ces regards inquisiteurs, cette curiosité parfois -souvent- malsaine, qui « m’altérisaient » , me rendaient « Autre » . L’attente donc d’un nouveau seul en scène me faisait un peu sentir comme une bête de foire : « qu’est-ce qui a bien pu lui prendre ?
Ça fait quoi les hormones ? c’est quoi exactement ce mec hybride ? » ; remonter un spectacle me semblait répondre à cette attente, consciemment ou inconsciemment transphobe, de venir scruter ce qui se passe dans le slip et le cerveau « d’un trans » comme si nous étions un groupe uniforme, tous remplaçables.
Mais à force d’invitations en festivals, conférences, interviews et rencontres publiques formelles, j’ai appris à jouer avec ces interrogations, à retourner le regard vers le spectateur. Ne pas rentrer dans le jeu de « je vais vous révéler les secrets de la transidentité et vous confier mes problèmes » mais plutôt « et vous votre genre, vous le performez comment ? Vous ne trouvez pas qu’il y a un problème pour tout le monde avec ces injonctions normatives ? » .
Cela m’a permis de reprendre le pouvoir sur la place qui m’était au départ proposée, de reprendre le contrôle du narratif et de sortir progressivement les spectateurs de leur « cisgaze » , c’est-à-dire le regard cisgenre sur les personnes trans, profondément biaisé.
Peu à peu, l’idée d’un spectacle pédagogique, non pas uniquement sur la transidentité mais bien plus largement sur la construction du genre et de la binarité sexuelle, mise en regard avec mon expérience intime, s’est imposée à moi.
Face au durcissement exponentiel ces derniers temps des lois contre les minorités de genres et sexuelles aux Etats-Unis mais aussi en Europe, face à la stigmatisation de plus en plus violente des personnes transgenres partout dans le monde, il m’est devenu vital de créer des ponts, tisser et maintenir des liens sincères et puissants avec les personnes cisgenres, les jeunes en particulier, peu ou pas en contact avec la communauté queer.
C’est pourquoi, en plus du spectacle, s’est imposé à moi l’envie de provoquer des rencontres, ouvrir des espaces de collaboration avec des jeunes en particulier.
Par le biais d’ateliers de création de spectacle, de travail théâtral, autour, justement, de ces questions de genres, en abordant ces sujets avec joie, légèreté, et dans le souci de créer du commun, de permettre à ces jeunes de constater que les personnes LGBTQI+ ont plus en commun avec elles et eux qu’ils ne le pensent.
Océan
Théâtre : les vingt spectacles à ne pas rater en 2026 : C’est quoi être un homme ? Seul en scène, dans un spectacle-conférence construit en trois parties, Océan, artiste trans, interroge les codes du masculin à l’aune de l’Histoire, de sa propre expérience et des vécus d’aujourd’hui. Lui qui fut « elle » par le passé, qui a filmé sa transition de genre dans une websérie (2019-2023), signe sa cinquième apparition au théâtre avec ce geste revendiqué comme pédagogique. Sans doute émouvant. Télérama
Océan, comédien trans qui a fait son coming out en mai 2018, a d’abord été connu sous le nom d’Océanerosemarie, jouant son seul-en-scène La lesbienne invisible pendant plus de 4 ans et de 500 dates. Il crée ensuite son deuxième spectacle Chatons violents qui connait le même succès depuis 2015 et tourne jusqu’en février 2019. Entre temps Océan écrit et réalise Embrasse-moi ! avec Cyprien Vial, une comédie romantique lesbienne où il joue le personnage principal aux côtés d’Alice Pol et Michèle Laroque. On l’a aussi vu et entendu sur France Inter puis Arrêt sur Image en tant que chroniqueur. Il est actuellement responsable de la rubrique « Lance-flammes » pour Causette. En 2018, il joue dans Justice, une pièce de Samantha Markowic au théâtre de l’œuvre, où il partage l’affiche notamment avec Naidra Ayadi et Camille Cottin. 2018 est aussi l’année de sa transition, qu’il filme pour sa série documentaire éponyme diffusée depuis 2019 sur France TV Slash. Fin 2019 : Océan accompagne dans les salles de cinéma l’intégralité de la série documentaire réunie dans le film Océan.