Théâtre

À la renverse

Anne Dufourmantelle — Noëmie Ksicova

Au bord de la rivière, un enfant perd pied. Un homme plonge, le sauve et le garde contre lui pour le réchauffer. Dans cette proximité naît un désir qu’il explique être tout sauf sexuel, un désir de vie contre la mort. Ce désir engendrera tout de même de graves conséquences. Fascinée par le regard de la philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle sur cette histoire, Noëmie Ksicova nous plonge dans cette enquête avec Vincent Dissez au plateau. Un spectacle aux allures cinématographiques.

Lieu
  • Le Liberté
  • Salle Albert Camus
Accessibilité
    • Dès 15 ans
  • Dates Durée 1h40
  • vendredi 2 avril 2027 20:00
Tarifs
  • Plein tarif 30 €
  • Tarif adulte avec la carte Châteauvallon-Liberté 20 €
  • Tarif partenaire (CSE et Associations culturelles partenaires) 20 €
  • Tarif - 30 ans 15 €
  • Tarif - 18 ans 10 €
  • Tarif solidaire 5 €
  • Tarif solidaire famille adulte 10 €
  • Tarif solidaire famille enfant 5 €
Informations pratiques

Vingt ans plus tard, Raphaël retrouve l’homme. Pendant trois jours, ils ne se quittent pas et font l’amour. Quelques semaines après, l’homme se suicide. Littéralement happée par En cas d’amour, un livre de la psychanalyste Anne Dufourmantelle, Noëmie Ksicova s’interroge sur le surgissement du monstrueux et avec philosophie, elle cherche à décoder et comprendre ce qui a pu arriver. Théâtre, musique et vidéo s’entremêlent dans cette pièce, laissant aux silences et aux images le soin de dire ce que les mots ne peuvent exprimer.

D’après le chapitre L’amour, l’enfant dans En cas d’amour d’Anne Dufourmantelle
Conception, écriture et mise en scène Noëmie Ksicova
Avec Vincent Dissez, Boutaïna El Fekkak, Sébastien Eveno, Théo Oliveira Machado, Cécile Péricone, Marie Moly, membre de la jeune troupe de la Comédie de Reims (distribution en cours)
Scénographie Anouk Dell’Aeira
Lumières Clément Balcon
Composition musicale et composition sonore Bruno Maman
Son Théo Cardoso
Vidéo Katell Paugam
Costumes Caroline Tavernier
Dramaturgie Elsa Revcolevschi
Assistanat à la mise en scène Antoine Hirel
Régie générale Martin Massier
Administration, production et diffusion AlterMachine — Carole Willemot et Marine Mussillon
Relations presse AlterMachine — Elisabeth Le Coënt et Erica Marinozzi

Production Compagnie Ex-Oblique / Comédie de Reims, centre dramatique national
Coproduction Châteauvallon-Liberté, scène nationale / Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique national de Saint-Denis / Comédie de Béthune, Centre dramatique national / Théâtre national de Nice – CDN Nice / Côte d’Azur, MCA d’Amiens / Théâtre du Beauvaisis, Scène nationale de Beauvais (en cours)
Aide Centro Dramatico Nacional de Madrid, Espagne / Institut français de Madrid / Chartreuse Centre national des écritures de spectacles
La compagnie Ex-Oblique est conventionnée par le ministère de la Culture – DRAC Hauts de France
Noëmie Ksicova est artiste associée à la Comédie, centre dramatique national de Reims
Le livre En cas d’amour est publié aux éditions Payot&Rivages

Photos © Noëmie Ksicova
Texte © Vanessa Asse

Anne Dufourmantelle — Texte

Anne Dufourmantelle est une philosophe et psychanalyste française née en 1964 à Paris et morte en 2017. Normalienne, agrégée et docteure en philosophie, elle s’inscrit dans la tradition de la philosophie contemporaine. Elle est également psychanalyste, formée à la psychanalyse freudienne et lacanienne.

Son travail se situe au croisement de la philosophie, de la psychanalyse et de la littérature. Elle enseigne la philosophie à l’université et collabore régulièrement avec des revues intellectuelles. Ses recherches portent notamment sur les notions de risque, de secret, de désir, de douceur et d’hospitalité. Son essai le plus célèbre, Éloge du risque (2011), traite de la notion de risque dans l’existence individuelle. Dans La Sauvagerie maternelle, Anne Dufourmantelle analyse la dimension archaïque et ambivalente de la maternité, qu’elle décrit comme une force à la fois protectrice et potentiellement destructrice dans la constitution du sujet. Dans La Puissance de la douceur (2013), elle analyse la douceur comme une force éthique et politique. Elle publie également L’Intelligence du rêve, consacré à la place du rêve en psychanalyse. Dans La Femme et le sacrifice (2007), Anne Dufourmantelle analyse la manière dont le sacrifice a historiquement structuré la place du féminin, en interrogeant ses implications psychiques et symboliques. Dans En cas d’amour (2011), Anne Dufourmantelle explore les formes du lien amoureux et la manière dont l’amour engage le sujet dans une expérience de vulnérabilité et de transformation. Dans Défense du secret, elle examine la place du secret dans la construction du sujet. Elle coécrit aussi De l’hospitalité avec Jacques Derrida. Son écriture est reconnue pour sa clarté, sa poésie et sa profondeur philosophique.

Anne Dufourmantelle meurt tragiquement en 2017 en tentant de sauver des enfants de la noyade.

Noëmie Ksicova — Conception, écriture et mise en scène

Après des études de violon et une formation de comédienne, Noëmie Ksicova se tourne d’abord vers l’écriture, puis vers la mise en scène. Son premier spectacle, Rapture, est en partie librement inspiré du Ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras. Elle y ouvre un questionnement qui traversera l’ensemble de son travail et sera également au coeur de Loss, créé en 2020 au Phénix, scène nationale de Valenciennes – pôle européen de création : comment maintenir vivant et présent ce qui ne l’est plus. C’est avec ce spectacle que son travail se déploie à l’échelle nationale, notamment au Théâtre de la Ville.

En 2022, Noëmie Ksicova est artiste Colibri au Théâtre de L’Oiseau-Mouche, où elle crée Saturne, un spectacle écrit pour des acteur·ices en situation de handicap mental. Le spectacle tourne sur le territoire des Hauts-de-France et dans plusieurs théâtres, notamment au Théâtre de la Ville à Paris.

En 2023, elle crée une forme légère à l’occasion d’une carte blanche : Body Art, d’après Don DeLillo, un projet conçu pour une comédienne, Camille Dagen, en lien avec la Comédie de Reims. Elle développe également Cartographie sensible, une déambulation à partir de témoignages d’habitants de Reims, donnant lieu à une installation et à un podcast. Ce projet est ensuite décliné dans différents théâtres et sur plusieurs saisons. La même année, elle crée L’Enfant brûlé, librement adapté du roman de Stig Dagerman. Le spectacle est créé à la Comédie de Reims puis repris notamment à l’Odéon – Théâtre de l’Europe.

En 2025, elle crée Sous ce toit j’ai connu ma première joie, d’après Eugène Onéguine de Piotr
Tchaïkovski à l’Opéra national de Lorraine ; Une Ville, d’après La Mélancolie de la résistance de László Krasznahorkai, spectacle de sortie du groupe 48 du Théâtre national de Strasbourg ; ainsi que S’arracher de Marc Daniau, un spectacle en itinérance porté par la Comédie de Reims et la Comédie de Colmar. Noëmie Ksicova intervient régulièrement auprès de publics jeunes et en difficulté sociale dans le cadre de stages, et intervient également dans des écoles nationales, notamment au TNS. Elle prend en charge le projet Adolescence et territoire(s) sur la saison 2023–2024, porté par l’Odéon – Théâtre de l’Europe, l’Espace 1789 à Saint-Ouen et le T2G de Gennevilliers. Ce projet aboutit en mai 2024 à la création du spectacle Et puis il ne nous resta que le présent, avec des adolescent·es. Noëmie Ksicova a été artiste compagnon de la MCA d’Amiens, artiste Colibri au Théâtre de L’Oiseau-Mouche, artiste associée au Théâtre du Beauvaisis, scène nationale de Beauvais et a fait partie du collège européen du Phénix, scène nationale de Valenciennes. Elle est artiste associée à la Comédie de Reims depuis janvier 2022.