Cette performance est à l’image de son interprète : incarnée, percutante, drôle et engagée. Depuis près de dix ans, l’artiste activiste queer Habibitch sillonne les scènes avec sa conférence-dansée à succès. Un rendez-vous unique qui scrute les héritages coloniaux et leur influence sur nos relations au quotidien.
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Tarif spécial à 4 € de 19h à 2h les soirs de représentation au parking Q-Park Liberté, place de la Liberté en réservant ici.
Le bar est ouvert les jours de représentation, 1h avant le début du spectacle et après la représentation. Il propose une restauration légère, avec des produits locaux et de saison.
Chorégraphe et chercheuse en sociologie, Habibitch transforme la piste de danse en espace politique. Décoloniser le dancefloor s’appuie sur de riches références historiques pour explorer racisme, privilèges, résistance et dynamiques de communautés.
Au milieu d’un dispositif épuré, avec pour seuls accessoires une table, un ordinateur, un PowerPoint et un drapeau algérien, la performeuse puise dans son parcours personnel pour mettre en lumière sexisme et discrimination. Impertinente et pleine d’esprit, elle mêle humour, digressions et anecdotes, avant de conclure par un grand moment de voguing, à la fois expression artistique et acte de résistance.
Texte, mise en scène et interprétation Habibitch
Production Sorcières&Cie
Photos © Camille Lenain
Texte © Vanessa Asse
Décoloniser le dancefloor, à priori deux mots qui ne vont pas ensemble.
Comme mes identités : algérienne et queer.
Un peu comme mes activités socio-professionnelles (disons) : danseuse et conférencière. Rien ne va ensemble -en tout cas pas chez nous en France, mais comme j’aime le challenge, et que l’entièreté de ma vie peut se résumer au fait de rassembler des choses qui ne vont pas ensemble alors voilà cette conférence-dansée, résultat de plus de quinze ans d’activisme, de clubbing, de réflexions, d’entraînements de danse, d’écritures, d’inspirations de mes lectures et de mon existence. Tout ça pour essayer de tirer la substantifique moelle de cette dernière. Ce qu’on appelle de l’auto-théorie, comme je l’ai appris il n’y a pas longtemps : je pars de ma vie – trépidante, de l’Algérie au Puy du Fou, des squats anar’ à deux ans de tournée mondiale avec Sam Smith en tant que danseuse, en passant par Sciences-Po et les défilés de mode, pour produire du savoir socio-politico-historique.
Ce qui rend intéressant cette conférence, enfin je crois, notamment en termes de légitimité, c’est que je fais partie intégrante de tous les mondes dont je parle. M’inscrivant ainsi dans la praxis du positionnement situé, si chère au courant féministe auquel je m’identifie, le féminisme intersectionnel qui requiert la production de savoir par les personnes concernées par ce dernier.Un peu en opposition à la sociologie mainstream et sa passion pour l’étude des pauvres, des racisé·es et des femmes, de toutes et touss les marginalisé·es en fait, sans vraiment questionner Qui en parle… reproduisant ainsi un savoir dominant.
Alors que le savoir que moi je produis, déjà je le veux drôle, parce que bon la vie c’est assez chiant comme ça et que oui j’aurais pu écrire tout un bouquin en langage académique judith butleresque mais bon on s’emmerde faut le dire honnêtement à un moment, et surtout : c’est pas accessible. Ce qui va à l’inverse même de tous les principes et concepts défendus par les théories et pratiques desquelles je me place en héritière, alors flemme de pérenniser l’entre-soi bourgeois.
Donc je fais de l’accessibilité en naviguant des concepts qui existent déjà ; je n’invente rien, par contre je rebats les cartes du jeu. Pour que tout le monde en comprenne les règles. Pour que tout le monde puisse entamer le chemin de ce qui, au fond, m’intéresse vraiment : devenir des meilleures personnes. Et pas dans le status quo que les politiques de l’identité tendent tristement à devenir ces dernières années, mais plutôt par l’action, la mise en mouvement. Ce qui fait d’ailleurs beaucoup de sens avec ma vie étant donné que je suis danseuse ; on adore les micro-épiphanies. (…)
Habibitch — Texte, mise en scène et interprétation
Avec Décoloniser le dancefloor, Habibitch s’attelle à décoloniser les imaginaires. L’artiste joue de l’impertinence et interpelle à travers un regard autobiographique sur les impensés racistes, classistes, sexistes qui parsèment nos vies. Sur les dancefloors, comme ailleurs. Sceneweb
Habibitch est une artiste pluridisciplinaire, chorégraphe, performeuse et activiste. D’origine algérienne, elle occupe une place centrale dans les milieux queer, féministe et antiraciste en France et à l’international. À travers son art et ses performances, elle déconstruit les normes coloniales, de genre et de sexualité, tout en revendiquant une identité multiple et intersectionnelle.
Membre influente de la scène voguing, Habibitch mélange les codes de cette culture avec des références historiques et politiques, questionnant les systèmes d’oppression qui traversent les corps marginalisés. Ses performances oscillent entre danse, confession et manifeste politique, offrant des espaces de résistance et d’empowerment, notamment pour les diasporas nordafricaines.
Sur scène comme dans la vie, Habibitch utilise son corps comme un outil de lutte, célébrant la sensualité et la subversion, tout en provoquant des réflexions profondes sur l’identité et la mémoire collective. Véritable icône contemporaine, elle inspire une nouvelle génération d’artistes et d’activistes à repousser les limites imposées par les structures dominantes.