Théâtre

Nostalgie du réconfort

Matthieu Dandreau

« Qui es-tu ? D’où viens-tu ? C’est quoi pour toi l’amour ? » Pour écrire ce spectacle, Matthieu Dandreau a interrogé les 32 membres de sa famille. Instituteur·rice, coiffeur·se, secrétaire, boucher·ère, agriculteur·rice, gendarme, toutes et tous ont accepté de se livrer. Dans cette pièce lumineuse, il remonte le fil de ses origines sociales, raconte ce qui l’a façonné et célèbre, avec humour et tendresse, les richesses de cet héritage populaire.

Lieu
  • Châteauvallon
  • Studios du Baou
Accessibilité
  • Pour toutes et tous
    • Dès 13 ans
  • Dates Durée 1h25
  • mardi 16 mars 2027 19:30
  • mercredi 17 mars 2027 19:30
  • jeudi 18 mars 2027 19:30
Tarifs
  • Plein tarif 30 €
  • Tarif adulte avec la carte Châteauvallon-Liberté 20 €
  • Tarif partenaire (CSE et Associations culturelles partenaires) 20 €
  • Tarif - 30 ans 15 €
  • Tarif - 18 ans 10 €
  • Tarif solidaire 5 €
  • Tarif solidaire famille adulte 10 €
  • Tarif solidaire famille enfant 5 €

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Informations pratiques

Fils d’ouvrière des Landes devenu metteur en scène, Matthieu Dandreau se définit comme transfuge de classe. Aux paroles intimes de sa famille, il a entremêlé ses propres souvenirs, créant ce récit choral sur la transmission, le déterminisme social et le désir d’émancipation.

Au plateau, son héros, incarné par Grégory Fernandes, danse, se déguise, se dédouble. Vidéos, musiques et témoignages composent une mosaïque de tableaux sensibles qui, peu à peu, esquissent le portrait d’une France rurale très peu représentée.

Texte et mise en scène Matthieu Dandreau
Avec Grégory Fernandes (et la participation amicale et vocale d’Emmanuelle Bercot)
Assistanat à la mise en scène Barthélémy Pollien
Lumière Iannis Japiot
Vidéo Thomas Harel
Scénographie Nina Bonnin
Confection costumes Grégory Fernandes
Régie générale Matthieu Bernard
Régie lumière Thomas Rizzotti
Production et diffusion Solange Thomas
Construction aux ateliers de décors du Théâtre de l’Union
Avec la participation et l’aide de Laurent Balutet, Nicolas Brun, Clément Tilly et My-Linh Vo
Avec l’aide de Simon Roland pour les costumes

Production ES3-THEATRE
Coproduction Châteauvallon-Liberté, scène nationale / Théâtres de Gascogne, Scène conventionnée d’intérêt national art en territoire (Mont-de-Marsan) / Théâtre de l’Union – CDN du Limousin / OARA – Office Artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine / NEST – CDN transfrontalier de Thionville-Grand Est / Théâtre d’Angoulême, Scène Nationale
Soutiens Glob-Théâtre (Bordeaux) / Cité européenne du théâtre et des arts associés – Domaine d’O (Montpellier) dans le cadre du Warm Up / Département des Landes via le dispositif Culture en Herbe / Maison des Métallos (Paris)
Avec l’aide de Châteauvallon-Liberté scène nationale, dans le cadre d’une résidence de création.
Ce projet a bénéficié de l’aide à l’écriture de l’Association Beaumarchais-SACD et de l’aide à la création de la DRAC Nouvelle-Aquitaine
Le texte a été sélectionné dans le cadre du festival Texte en Cours en 2021
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National

Photos © Thierry Laporte
Texte © Vanessa Asse

De l’écriture à la scène
Pour prendre de la distance avec mon travail d’écriture et mon récit familial, j’ai fait le choix d’un écart scénique radical. Si le texte a été écrit pour plusieurs comédiens, le spectacle prend la forme d’un seul-en-scène, dans lequel une vingtaine de personnages sont incarnés par Grégory Fernandes, comédien avec qui je collabore depuis de nombreuses années. Ce choix permet de s’émanciper d’un réalisme trop frontal ou misérabiliste et d’ouvrir un espace de jeu plus libre, plus théâtral. Grégory chante, danse, se filme, interroge le public ; il traverse les figures de cette famille sans mimétisme, mais avec plaisir, ironie et jubilation. La question du dédoublement est au cœur du dispositif : transformation de la voix, burlesque, vidéo live, participation du public…
Un réalisme volontairement décalé, qui crée la distance nécessaire pour que cette histoire intime puisse devenir collective, et que chacun y reconnaisse ses propres souvenirs, ses propres résonances.

De la télévision au théâtre
Le comédien est entouré d’une trentaine d’écrans, écho à l’omniprésence de la télévision dans les classes populaires. Petit écran de smartphone, télévision cathodique d’une chambre d’adolescent, grand écran plat de salon ou surface de projection monumentale envahissant la scène : ces écrans diffusent des images d’archives télévisuelles partagées par tous (élections, Coupes du monde…), des archives familiales personnelles, de la vidéo en direct, mais aussi des portraits de ma famille, des clips, des images tournées en amont. La télévision devient ici à la fois décor, mémoire collective et partenaire de jeu.

De l’influence des icônes
Pour incarner cette galerie de personnages — mais aussi les icônes qui ont façonné le héros — nous puisons dans des esthétiques pop, immédiatement reconnaissables. Les figures de femmes issues de la télévision (présentatrices météo, journalistes, chanteuses) dialoguent avec des références plus artistiques : les métamorphoses de Cindy Sherman, l’art du drag ou les personnages charismatiques et populaires du cinéma comme Beetlejuice, The Mask ou le Génie d’Aladdin.

De la culture populaire à la culture savante
Nostalgie du réconfort interroge la hiérarchisation des cultures. Pourquoi certaines pratiques dites “savantes” seraient-elles plus légitimes que d’autres, qualifiées de populaires et souvent dénigrées ? Je revendique ici cette culture populaire qui m’a construit, et je la fais dialoguer avec celle que j’ai acquise au fil de mes études, de mon métier et de mes rencontres. Un spectacle où la musique minimaliste japonaise côtoie le rap, où France Gall rencontre Schubert. Où Depardon dialogue avec Spielberg, où Niki de Saint Phalle croise Beyoncé. Nostalgie du réconfort est un hommage à cette culture populaire qui m’a façonné — parfois dans la douleur — mais que je choisis aujourd’hui de porter avec fierté sur scène, sans la renier, et sans la hiérarchiser. Elle est mon héritage.

Matthieu Dandreau — Texte et mise en scène

En définitive, Nostalgie du réconfort est comme un album de famille : certains clichés sont flous et d’autres renversants, mais à coup sûr, leur singularité impressionne. Les Trois Coups

Une phrase qui résume Nostalgie du réconfort : rappeler que la famille, malgré ses failles et ses silences, reste souvent un refuge. Un lieu de réconfort, parfois fragile mais essentiel. Sud Ouest

Beau, à la fois visuellement et dans le texte, fort dans l’émotion et les sentiments éprouvés. Le Petit Journal

Matthieu Dandreau coche toutes les cases du genre : une origine prolétaire, un rapport ambivalent à celle-ci, fait d’amour et d’incompréhension, une figure paternelle dévorante (par son absence, en l’occurrence), une homosexualité vécue dans la discrimination et la violence, une réinvention par la culture, et notamment par le théâtre. Mais si ces balises formées par son vécu sont bien là, son écriture et ses choix de mise en scène parviennent à les éviter, ou à les faire oublier.  Sceneweb

Né en 1984. Formé au Conservatoire de Clermont-Ferrand (2002-2006) puis diplômé d’un Master de théâtre en 2016, Matthieu Dandreau est metteur en scène et fondateur de la compagnie ES3-THEATRE. Il débute comme assistant stagiaire à la mise en scène de Krzysztof Warlikowski sur Phèdre(s), en 2016, puis assiste Ivo van Hove sur Vu du pont l’année suivante. En 2018, sa compagnie ES3 THEATRE est sélectionnée par l’Espace Icare (Issy-les-Moulineaux) où il met en scène Dionysos (d’après Les Bacchantes d’Euripide). En 2019, il est assistant à la mise en scène de Judith Depaule (Murs de Fresnes) et de Charles Berling (Vivre sa vie). La même année, il crée FEMELLES – spectacle toujours en tournée dans les collèges et lycées en France, avec plus de 270 représentations. En 2021, il assiste Bertrand Mandico sur le tournage de Conan la barbare et retrouve Ivo Van Hove pour La ménagerie de verre, créée à l’Odéon avec Isabelle Huppert. En 2022, il met en scène Tu peux me dire vous au Lyncéus Festival. En 2023, il est à nouveau assistant d’Ivo Van Hove pour Après la répétition – Persona, créé au Printemps des comédiens avec Charles Berling et Emmanuelle Bercot. Parallèlement à son travail de création, il mène régulièrement des ateliers de théâtre en collèges, lycées et maisons d’arrêt, inscrivant son travail dans une réflexion artistique et politique autour des récits intimes, des classes populaires et de la transmission.