Danse

Plutôt le feu que les larmes

Marina Gomes — HYLEL

La chorégraphe Marina Gomes, fervente défenseuse des parcours invisibilisés, s’attache à mettre en lumière leurs récits. Inspirée par l’histoire des mouvements révolutionnaires féminins à travers le monde, elle a imaginé ce corps de ballet hip-hop, incarnation de ces luttes et de ces résistances.

Lieu
  • Châteauvallon
  • Théâtre couvert
Accessibilité
  • Dates Durée estimée 1h
  • mardi 16 février 2027 20:00
Tarifs
  • Plein tarif 30 €
  • Tarif adulte avec la carte Châteauvallon-Liberté 20 €
  • Tarif partenaire (CSE et Associations culturelles partenaires) 20 €
  • Tarif - 30 ans 15 €
  • Tarif - 18 ans 10 €
  • Tarif solidaire 5 €
  • Tarif solidaire famille adulte 10 €
  • Tarif solidaire famille enfant 5 €

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Informations pratiques

Dans un univers hip-hop encore largement masculin, Marina Gomes a choisi d’en bousculer les codes. Sa nouvelle création réunit douze danseuses profondément ancrées dans la street-culture. Sur scène, la pièce s’ouvre sur un solo d’une très grande intensité avant de laisser place au collectif. À travers des figures libres et vibrantes, les interprètes explorent la puissance du féminin. Sur une partition mêlant guitare classique, mélodies, chants révolutionnaires et musiques contemporaines, elles rendent tangibles les tensions planétaires auxquelles les femmes prennent part, entre humilité et fierté, entre vulnérabilité et force.

Direction artistique et chorégraphie Marina Gomes
Musique Arsène Magnard
Avec  Marina Gomes, Sonia Chetioui, Marina Rabita, Laura Avila – Vila, Jessica Bichy – Toopiti, Célia Derrahi, Soilihi Lilia – Junior, Olivia Pili, Nina Helou Touati – P.Odee, Sarah Mendoza-Sauvage, Lypso et Anissa Ghetto style
Assistant théâtral Jordan Rezgui de la Comédie Française
Musique Arsène Magnard
Lumière Claude Casas
Scénographie en cours
Costumes en cours
Administration et production Elisa Le Corre
Diffusion Victoire Costes

Production HYLEL
Coproduction et soutien Châteauvallon-Liberté, scène nationale / CDCN d’Avignon les Hivernales / Théâtre de Suresnes Jean Vilar / La Briqueterie CDCN du Val-de-Marne / G20 Île-de-France – Lauréat 2025 / La Passerelle – Scène Nationale de Saint-Brieuc / Scène Méditerranée, Pôle des arts de la scène, KLAP maison pour la danse de Marseille

Photos © Pierre Gondard
Texte © Vanessa Asse

Dans un climat politique international fascisant, il est à mon sens indispensable que l’art remplisse sa fonction émancipatrice de questionnement, d’ouverture du champ des possibles. Le plateau doit être un endroit de liberté favorisant l’ouverture vers de nouveaux espoirs en s’appuyant sur des réalités qui permettent d’entrevoir un futur à travers d’autres prismes que celui dont on nous accable. Si ce monde est mourant, éteignons-le et faisons fleurir le nouveau.

En faisant des recherches personnelles sur l’histoire contemporaine des mouvements révolutionnaires internationalistes anti impérialistes, féministes, décoloniaux, j’ai été amenée à m’intéresser au mouvement zapatiste mexicain EZLN (Armée zapatiste de libération nationale), fondé dans les années 90 au Chiapas, au Mexique, en réponse aux inégalités sociales et économiques que subissaient les populations indigènes. Les principes fondateurs de l’EZLN incluent la lutte pour la justice sociale, la démocratie, et le respect des droits des peuples, l’autonomie et la participation communautaire, cherchant à construire une société plus équitable et inclusive. L’EZLN a établi des zones de contrôle autonome dans certaines régions où ils appliquent leurs propres systèmes de gouvernance et de justice. Les femmes jouent un rôle essentiel dans EZLN. Elles sont non seulement des combattantes, mais aussi des leaders et des organisatrices au sein de leurs communautés. Les femmes zapatistes sont souvent vues comme des symboles de résistance et de force, elles ont notamment promulgué « la ley revolucionaria de mujeres », la Loi révolutionnaire des Femmes en 1993. Au-delà de l’aspect politique, j’ai aussi été transportée par l’esthétique des images autour de ces femmes, à la fois paysanne, mère, guerilleras. C’est autour de ces figures que va se construire Plutôt le feu que les larmes.

En parallèle de l’envie de porter ce propos au plateau, lors d’une audition de reprise de rôle pour ma pièce La Cuenta [Medellín-Marseille], j’ai pu expérimenter le travail avec un grand groupe exclusivement féminin. Dans un milieu hip hop qui reste encore largement dominé par des codes masculins voire patriarcaux qui a tendance à invisibiliser les danseuses, j’ai été transportée par la puissance de ces interprètes, par leur envie, par leur adhésion aux valeurs de Hylel, par leur capacité à collaborer, à se soutenir, à construire. Après 2 jours de labo, il est évident pour moi que le travail ensemble doit se poursuivre.

C’est avec 12 de ces danseuses que nous construirons cette nouvelle création.

La danse s’inscrira solidement dans la streetculture, dans la gestuelle hip hop tout en se donnant la liberté d’ en franchir les codes pour être au service du propos. Je veux qu’on explore corporellement les notions de résistance, de construction collective, les qualités de force et d’épuisement, la frontière entre fierté et humilité, puissance et vulnérabilité. Je veux aussi qu’on explore les notions de franchissement, de débordement du cadre, de prise de risques dans un mouvement qui questionne le rapport à la vie, à la mort, au sacrifice.

J’ouvrirai la pièce par un solo d’une dizaine de minutes, qui ouvrira les portes d’une construction collective, où autonomie et interdépendance pourront se répondre.

La musique sera co-créée avec Arsène Magnard, comme sur chacune des pièces Hylel, avec comme inspiration les mélodies et chants des groupes révolutionnaires, amenés vers des courants musicaux hip hop très actuels (trap, drill, jersey drill). La guitare classique occupe une place centrale dans la musique de Hylel, fil conducteur des univers et tableaux de la compagnie, elle aura de fait son rôle à jouer dans cette nouvelle création.

Marina Gomes — Direction artistique et chorégraphie

Déconstruire les clichés par la danse et le hip-hop : c’est la mission que s’est donnée la chorégraphe marseillaise Marina Gomes. RFI

C’est à Toulouse que Marina Gomes découvre le mouvement hip hop dans le quartier du Mirail, d’abord à travers le rap puis la danse. En parallèle, elle suit une formation en danse contemporaine au Conservatoire National de Région de Toulouse, puis au CESMD (Centre d’études supérieures de musique et de danse). En hip-hop, elle danse au sein du crew GUILTY, avec lequel elle participe à de nombreux shows en France et à l’international puis elle commence à travailler comme interprète et pédagogue pour différentes compagnies. En 2012, elle obtient également son diplôme de psychologue, après un parcours universitaire à l’université du Mirail. Depuis, elle intervient en protection de l’enfance, faisant dialoguer cette pratique avec son travail artistique.

À partir de 2018, Marina Gomes développe ses propres projets. Elle s’installe en Colombie, anime des stages, masterclasses et créations à Bogotá, et rejoint le collectif Agroartes qui œuvre auprès des jeunes de Medellín, en mettant en place des actions artistiques de réconciliation, de mémoire et de résilience et vise à construire des alternatives au narcotrafic.

De retour en France, elle fonde HYLEL, implantée dans les quartiers nord de Marseille. Avec cette structure, elle initie une trilogie consacrée aux quartiers populaires : Asmanti [MidiMinuit] (2021), créée à KLAP Maison pour la danse à Marseille, Bach Nord [Sortez les guitares] (2023), créée au Festival de Marseille, La Cuenta [MedellínMarseille] (2024), créée à KLAP Maison pour la danse.

En parallèle, elle chorégraphie pour le cinéma, notamment la série Terrain sensible réalisée par Aurélie Meimont (Arte digital, 2022). Son engagement se poursuit avec de nouvelles créations : Manifête (2025), grande manifestation chorégraphique réunissant 450 enfants dans l’espace public pour le Festival de Marseille, Nidal [Dedans-Dehors] (2025), créé au festival Vis-à-Vis, La FabricA, la direction artistique de la soirée de clôture du festival C’est pas du luxe (La FabricA, 2026), Plutôt le feu que les larmes (2027), pièce pour 12 danseuses.

Autour de chaque création, à Marseille comme en tournée, Marina Gomes développe des projets de territoire où se rencontrent création artistique, transmission et engagement citoyen. Elle propose des ateliers et créations pour amateur·rices (notamment en milieu scolaire et carcéral), adapte ses pièces à l’espace public, initie des événements dans les quartiers tels que le battle Prends le terrain sans kalash, et accompagne de jeunes artistes issus des quartiers populaires (rappeurs, danseurs, chorégraphes).