Avec cette pièce chorale, drôle et attachante, Virginie Despentes livre son second texte pour la scène. Elle nous entraîne dans les coulisses d’une représentation théâtrale. Dans cette antichambre, affleurent les tourments d’une troupe queer en désaccord avec leur metteur en scène tyrannique et opportuniste.
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Tarif spécial à 4 € de 19h à 2h les soirs de représentation au parking Q-Park Liberté, place de la Liberté en réservant ici.
Le bar est ouvert les jours de représentation, 1h avant le début du spectacle et après la représentation. Il propose une restauration légère, avec des produits locaux et de saison.
Dans les loges, huit acteurs·rices répètent La Maison de Bernarda Alba, tragédie sur le désir féminin entravé, écrit par Federico García Lorca. Mais aujourd’hui, l’enthousiasme a cédé la place à l’agacement. Michel, leur metteur en scène sexagénaire et hétérosexuel utilise cette version queer pour se faire remarquer. Face à ses choix, la troupe se resserre et une protestation émerge.
Dans cette comédie, les artistes échangent à bâtons rompus sur leur vie et leurs conditions de travail. Elles et ils nous parlent d’amour, de genre, de patriarcat, mais aussi de résistance, de joie d’être soi. Et surtout de rire, comme une urgence pour affronter le monde.
Texte et mise en scène Virginie Despentes
Avec Sasha Andres (Gaby), Amir Baylly (André), Naelle Dariya (Maxime), Mata Gabin (Wanda), Soraya Garlenq (Faïrouz), Mascare (Nina), Soa de Muse (Vita) et Clara Ponsot (Lou)
Assistanat à la mise en scène Fatima Ben Bassal
Scénographie et lumières Camille Duchemin
Son Annabelle Maillard
Costumes Marie La Rocca
Collaboration dramaturgique Tania La Rata
Fabrication des accessoires, costumes et décor ateliers de La Colline
Régie générale Alison Broucq
Régie lumière My Bertin
Régie son Yasmine Bouchenak
Administration, production et diffusion Bureau de production Retors Particulier
Administration Nolwenn Mornet
Production Chloé Béasse
Diffusion Margot Quénéhervé
Production à la création La Colline – théâtre national
Production déléguée en tournée Bureau Retors Particulier
Photos © Teresa Suarez
Texte © Vanessa Asse
En mars 2024 j’ai mis en scène Woke, que nous avions écrit à quatre auteurs : Anne Pauly, Julien Delmaire, Paul B. Preciado et moi-même, au Théâtre du Nord à Lille. Wajdi Mouawad m’a alors proposé de créer un spectacle dans la petite salle du Théâtre de La Colline pendant un mois en mai/juin 2025, et j’ai tout de suite accepté.
Romancero Queer, ça se passe dans les loges d’un théâtre public. Huit actrices et acteurs sont rassemblé·es pour une adaptation de La Maison de Bernarda Alba de Federico García Lorca. Je ne fais pas d’autofiction dans les livres que j’écris, mais je traite toujours des sujets qui m’intéressent au moment où je travaille un texte. Et là, j’ai envie de parler de théâtre public, d’argent public, de loges, de costumes, de rivalités. De parler du corps des acteur·ices. Qu’est-ce que diriger et être dirigé ? Quelles sont les logiques de groupe ? Qu’est-ce que le désir avec ou sans la tyrannie ? J’ai aussi envie de parler d’abus de pouvoir, mais surtout de stratégies de résistance et de bienveillance collectives. J’ai envie de parler de choses sérieuses. L’époque ne s’y prête pas, elle l’impose. Mais j’ai aussi envie de faire rire les gens.
J’aimerais que Romancero Queer soit une occasion d’énoncer deux ou trois choses sur ce qui nous arrive, collectivement, et qu’on en sorte un peu consolé, soutenu. Avec de la force pour rester debout et de la joie d’être qui on est.
Virginie Despentes — Texte et mise en scène
Une réflexion galvanisante sur la force du collectif contre les vents réactionnaires. […] Les mots secouent, provoquent, dérangent, transportent les spectateurs et spectatrices. Les Inrockuptibles
Pour sa première pièce écrite en solo, Virginie Despentes torpille les clichés et ose la joie, avec une œuvre chorale. Télérama TTT
Le meilleur du spectacle est là : dans le conflit, les dialogues vifs, sincères, souvent hilarants, entre des gens rugueux et vivants. Elle
Un manifeste fougueux et rageur réunissant huit comédiennes et comédiens issus du théâtre, du cabaret, de la performance queer, du cinéma. L’Obs
Virginie Despentes publie en 1994 Baise-moi, son premier roman qu’elle adaptera au cinéma avec Coralie Trinh Thi, et impose alors un rythme nouveau, nourri de rock et de contre-culture, de rage et d’une incroyable liberté de ton.
Les années suivantes voient la parution de Les Chiennes savantes en 1996, Les Jolies Choses en 1998, récompensé par le prix de Flore et adapté au cinéma en 2001 par Gilles Paquet-Brenner, Teen Spirit en 2002, également porté à l’écran en 2007, et Bye Bye Blondie en 2004, qu’elle adapte elle-même au cinéma quelques années plus tard. En 2006, elle publie King Kong Théorie, un essai autobiographique dans lequel elle partage ses expériences personnelles et développe une réflexion sur le féminisme, la sexualité et la place des femmes dans la société. Cet ouvrage devient un manifeste incontournable du féminisme contemporain, un tremblement dont les secousses continuent d’inspirer plusieurs générations d’artistes et d’activistes. En 2010, elle se voit remettre le Prix Renaudot pour son roman Apocalypse Baby. Entre 2015 et 2017, elle écrit la trilogie Vernon Subutex, qui connaît un immense succès critique et public et sera ensuite adaptée en série télévisée et en bande dessinée par Luz. En 2022 paraît Cher connard. Depuis mars 2021, Virginie Despentes est artiste associée au Théâtre du Nord, elle y crée en 2024 sa première mise en scène, WOKE, texte écrit avec Anne Pauly, Julien Delmaire et Paul B. Preciado.
Ses écrits, corpus alternatif notamment édité en France chez Grasset, sont traduits dans le monde entier. Elle est à plusieurs reprises distinguée pour l’ensemble de son œuvre, notamment en 2016 par l’Académie Goncourt où elle siège jusqu’en janvier 2020 et par la BNF en 2019.