Homme de clan et de pouvoir, Jacques Chirac est au cœur de cette comédie douce-amère, premier volet de la série Huit rois (nos présidents). Le metteur en scène Léo Cohen Paperman (Compagnie des Animaux en Paradis) y explore les failles, les masques et les contradictions d’un jeune loup ambitieux devenu véritable animal politique.
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Tarif spécial à 4 € de 19h à 2h les soirs de représentation au parking Q-Park Liberté, place de la Liberté en réservant ici.
Le bar est ouvert les jours de représentation, 1h avant le début du spectacle et après la représentation. Il propose une restauration légère, avec des produits locaux et de saison.
Conçue comme une vaste saga humoristique, la série Huit rois (nos présidents), dresse le portrait des présidents de la Cinquième République, de Charles de Gaulle à Emmanuel Macron. Jouant sur les différentes formes théâtrales, le metteur en scène Léo Cohen Paperman transpose ces figures politiques en personnages de théâtre. Cette série nous donne à voir ce que nous avons en partage : une histoire électorale commune, à la fois profonde et délicieusement cocasse. De la géniale incarnation de Jacques Chirac aux espoirs et désillusions de celles et ceux qui ont voté François Mitterrand, c’est à La thérapie d’Emmanuel Macron que nous assisterons dans cette nouvelle création.
Qui est Jacques Chirac, au-delà de l’image officielle ? Que dissimule-t-il derrière sa bonhomie et sa maîtrise du verbe ? Et en quoi son parcours éclaire-t-il notre rapport à la démocratie ? Finement écrite, cette pièce traverse les grands moments de sa carrière. Dans son bureau, dans une antichambre ou en coulisses d’une émission télé, il enchaîne les numéros, s‘adressant au public-électeur de façon savoureuse.
De son enfance aux marches de l’Élysée, Jacques Chirac réfléchit, doute, calcule. Il s’interroge, et à notre tour, nous nous questionnons sur le paysage politique actuel. Un grand moment de théâtre, cruel et drôle à la fois, porté par des comédiens formidables.
Texte Julien Campani et Léo Cohen Paperman
Mise en scène Léo Cohen Paperman
Avec Julien Campani, Clovis Fouin ou Mathieu Metral
Lumières Pablo Roy et Léa Maris
Création sonore Lucas Lelièvre
Collaboration artistique Gaia Singer
Scénographie Henri Leutner
Costumes Manon Naudet
Maquillages Djiola Méhée
Régie Zélie Carasco
Production Compagnie des Animaux en Paradis
Coproduction Théâtre Louis Jouvert, scène conventionnée d’intérêt national de Rethel / Transversales, scène conventionnée de Verdun / Le Salmanazar – scène de création et de diffusion d’Epernay
Soutiens DRAC Grand Est / Région Grand Est / Ville de Reims / Furies / SPEDIDAM / Théâtre du Rond-Point
Cette action s’inscrit dans le cadre de la résidence partagée de la compagnie des Animaux en paradis en région Grand Est, réalisée en partenariat avec Théâtre Louis Jouvet – scène conventionnée d’intérêt national de Rethel / Le Salmanazar – scène de création et de diffusion d’Epernay / Théâtre de La Madeleine – scène conventionnée de Troyes / Théâtre municipal de Charleville-Mézières / Maison des jeunes et de la culture Calonne de Sedan / Espace Jean Vilar de Revin / La Filature – espace culturel de Bazancourt
La compagnie des Animaux en Paradis bénéficie du soutien du ministère de la Culture / Direction régionale des affaires culturelles Grand Est, au titre de l’aide aux compagnies conventionnées et est soutenue par la Région Grand Est au titre d’une convention pluriannuelle.
Photos © Simon Loiseau
Texte © Vanessa Asse
En 1995, j’ai six ans et Jacques Chirac est élu Président de la République. Il file vers l’Elysée à bord de sa Citroën CX – léger, réconcilié, joyeux. De quoi ce souvenir est-il le nom ? Chirac, c’est pour moi – et peut- être pour toute ma génération – l’image de l’enfance et d’une insouciance partagées. Je me rappelle 1995. Le Mur de Berlin était tombé et le monde marchait, nous semblait-il alors, sur deux jambes : à gauche, les Droits de l’Homme et à droite, le libéralisme économique. Le bonheur serait global ou ne serait pas. Rien ne devait résister à ce dernier voyage de la communauté humaine. Le marché, la liberté, le bonheur. Finies les idéologies, les haines, les génocides. Le XXe siècle des catastrophes allait bientôt finir. C’était le début d’une ère nouvelle. Je rouvre les yeux. Nous sommes en 2020 et le vieux monde s’est réveillé. Les identités redeviennent malheureuses et la mondialisation ne promet plus le bonheur. En 2020, l’Histoire est redevenue tragique. En 2020, Jacques Chirac est mort.
Léo Cohen-Paperman
Pourquoi Chirac ? Je ne sais pas. Il y a des rôles qui vous tombent dessus. Ce Président de la République de mon enfance et de mon adolescence n’est pas précisément un homme que j’admire. Au contraire — au début du travail sur Le jour de gloire est arrivé, il ne m’inspirait que guignolades, maigres moqueries de fou pour un puissant peu inspirant. Loin de moi l’idée que j’allais faire un jour un spectacle d’après sa vie. J’imaginais plutôt passer mon temps dans la biographie et les fantômes d’un grand artiste-modèle, par exemple. Quelqu’un·e avec qui j’aurais envie de passer du temps. De présenter au monde, comme on présente un ami, un bienfaiteur. Et puis non. Surprise. Ce qui a du goût n’est jamais ce qu’on attend. L’amour qu’on éprouve pour un personnage est rarement celui de l’admirateur — plutôt celui du passionné. Et le bienfaiteur n’est pas nécessairement l’homme de bien. « La grande santé, dit Nietzsche, c’est celle qui intègre la maladie. » Chirac m’est tombé dessus et j’ai vu dans sa biographie des fantômes non seulement très personnels, mais surtout universels, métaphysiques — théâtraux. Une histoire qui pouvait charrier toute une littérature aimée, toute une mythologie. Chirac devenait soudain un grenier plein d’amis. Henri Michaux. Dostoïevski. Francis Bacon. Shakespeare. Balzac. Jacques Brel. Claude Simon. Les indiens contre les cow boys. Dionysos contre Apollon. Ajax plutôt qu’Ulysse. La liste est longue. Il y a des petites lorgnettes qui donnent à voir tout un paysage. Exactement comme cette erreur sans conséquence faîte lors de son oral d’entrée à l’ENA, en 1957 :
— Une question de Culture Générale, M. Chirac : Qui est le philosophe de l’Antiquité qu’on considère comme le père de la médecine ?
— Hypocrite, Monsieur le Président.
Le serment d’Hypocrite. Le serment de l’Acteur. Le serment de celui qui décide d’entrer masqué sur le théâtre du monde. Le serment de celui qui dit au monde : je me masque pour te montrer que tu te masques. Je mens pour accoucher d’une authenticité. Et si tu veux bien partager un instant mon secret, nous pourrons faire ensemble que les masques soient viande.
Julien Campani
Un portrait sombre et subtil de l’ancien président, qui scrute l’homme derrière l’icône. Marianne
Campani est particulièrement convaincant dans le rôle-titre. The New York Times
Épastrouillant, ce spectacle ! Finement écrit, évitant habilement tous les pièges […], il nous montre qui était l’homme, mais aussi le projet politique, mais aussi l’ambiguïté, l’hypocrisie, le masque. C’est à la fois emphatique et cruel, et drôlissime, grâce à deux comédiens formidables. […] On attend avec impatience les portraits des sept autres présidents de la Ve République. Le Canard enchaîné
L’itinéraire chiraquien prend le chemin d’une passionnante et haletante tragicomédie. Grâce à une mise en scène ingénieuse, le public est comme la métaphore du peuple. Le Monde
Né en 1988, Léo Cohen Paperman se forme à la mise en scène au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique sous la direction de Daniel Mesguich, Sandy Ouvrier et Pierre Debauche. Comme assistant à la mise en scène, il travaille avec Olivier Py (L’Orestie d’Eschyle), Jean-Pierre Garnier (Fragments d’un pays lointain, de Jean-Pierre Lagarce ; Lorenzaccio d’Alfred de Musset) et Christine Berg (Peer Gynt d’Henrik Ibsen ; Hernani de Victor Hugo ; Cabaret de Raymond Devos).
Au Nouveau Théâtre Populaire, il met en scène des grands textes du répertoire : Roméo et Juliette, Macbeth, Hamlet de Shakespeare ; La Mort de Danton de Büchner ; Partage de Midi de Paul Claudel. Il crée également ses propres textes, écrits en collaboration avec les acteurs : Le Jour de gloire est arrivé, Blanche-Neige. Le Ciel, la nuit et la fête (Le Tartuffe / Dom Juan / Psyché), au sein de laquelle Léo Cohen-Paperman a mis en scène Le Tartuffe, a été crée à l’occasion du 75e Festival d’Avignon en juillet 2021. La dernière création du N.T.P, Comédie Humaine (Les Belles illusions de la jeunesse / Illusions perdues / Splendeur et misères des courtisanes), dans lequel Léo Cohen-Paperman a mis en scène Illusions perdues, a obtenu le grand prix de l’Académie des Beaux-Arts.
Avec La Vie et la mort de J. Chirac, roi des Français Léo Cohen-Paperman pose en janvier 2020 la première pierre de la série théâtrale Huit rois (nos présidents), qui cumule aujourd’hui, tous épisodes confondus, près de 400 représentations. Tous les épisodes sont publiés aux éditions esse que. Léo Cohen-Paperman est depuis 2023 artiste associé au Théâtre National de la Criée – CDN de Marseille.
Parallèlement, il prépare la mise en scène de la Fabuleuse histoire de l’Opéra Comique avec l’Académie de l’Opéra Comique (création janvier 2027) et la mise en scène de Fairy Queen de Purcell avec l’ensemble Correspondance – Sébastien Daucé (création mars 2027). Il dirige régulièrement des formations professionnelles au sein du collectif du Libre Acteur, et est représenté par l’Agence Adéquat – Thomas Cerf.