À la disparition de son père, immigré algérien, Hannah voit les silences se fissurer. Un silence d’exil, de langue non transmise, de violences tues. Qui était cet homme venu d’Algérie dont elle ne connaît pas l’histoire ?
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Tarif spécial à 4 € de 19h à 2h les soirs de représentation au parking Q-Park Liberté, place de la Liberté en réservant ici.
Le bar est ouvert les jours de représentation, 1h avant le début du spectacle et après la représentation. Il propose une restauration légère, avec des produits locaux et de saison.
Un père taiseux, parfois brutal, façonné par l’humiliation et l’injonction à se faire petit. Sa peur déborde, sa honte circule et quelque chose se transmet malgré lui. Dans le corps d’Hannah, la violence continue de vivre. Dans ses amours, dans sa manière de se tenir au monde. L’Algérie reste là, absente et omniprésente, comme une mémoire sans accès. Alors Hannah s’arrête. Elle regarde. Elle tente de nommer. Peut-être faut-il enterrer le père — même avant sa mort — pour que quelque chose cesse de trembler ?
Texte et mise en scène Iman Kerroua
Avec Yasmine Hadj Ali, Nathalie Dorion, Raymond Hosny, Iman Kerroua et Antoine Kobi
Accompagnement à la mise en scène Ruth Olaïzola et Elisa Berr
Costumes Siegrid Petit-Imbert
Composition musicale Geoffrey Posada Serguier
Lumières Nieves Salzmann
Production Compagnie Mama Luna
Texte lauréat de l’Aide nationale à la création de textes dramatiques ARTCENA 2025
Coproductions Châteauvallon-Liberté, scène nationale / Ville d’Alfortville
Soutiens ARTCENA / Théâtre du Rond Point / Théâtre des Quartiers d’Ivry / CENTQUATRE-PARIS / Maison des Femmes de Pantin
Photos © Geoffrey Serguier Posada
Texte © Vanessa Asse
Mickey et la fin du monde, ou comment j’ai enterré mon père est un récit de rupture. Il interroge la possibilité de se reconstruire quand l’origine de la blessure se confond avec la figure paternelle. Le père d’Hannah était violent. Une violence physique, psychique, fondatrice. Comment pardonner l’impardonnable ? Comment briser le cycle et réapprendre à exister autrement ?
Le récit met en scène cette lutte intérieure. Entre immobilité et mouvement, entre rêve et réalité, Hannah affronte les ombres qui la hantent. Son père, figure omniprésente et insaisissable, continue de l’accompagner en silence. La violence qu’il incarnait vit encore en elle, comme un spectre intérieur façonnant sa peur des autres et d’elle-même.
Les personnages qui entourent Hannah sont des présences inadéquates ou empêchantes : ils saturent l’espace par un empilement de paroles. À l’exception de sa sœur, Aziza, figure consolante et sensible, ce qui se joue alors n’est pas la rencontre, mais la distance, sans véritable accès à l’autre. Comment exister avec cette distance, quand toute intimité semble hors d’atteinte ?
Un autre silence traverse Hannah : son père est originaire d’Algérie. Il vient d’un ailleurs chargé d’exil et de mémoire que ni lui ni elle n’ont su, ou pu, nommer. Il ne lui a pas transmis sa langue.
Cette absence – celle des mots, de la culture, de l’histoire – constitue une autre forme de fracture. Ce silence-là, plus diffus, tisse un éloignement intime et identitaire. C’est une mémoire impossible, une appartenance fantôme. L’exil du père devient aussi celui d’Hannah, qui se heurte à un héritage auquel elle n’a pas accès.
Le texte aborde frontalement l’idée de « tuer le père » au sens symbolique. Ce processus cathartique, à la fois violent et nécessaire, devient pour Hannah une clé de libération. En affrontant son passé, elle navigue entre pardon, révolte et reconstruction.
Le récit oscille entre poésie et gravité, traduisant cette errance entre lumière et ténèbres, entre mémoire et oubli. Il explore ces espaces liminaux – entre veille et sommeil, entre vie et mort – pour donner corps à une quête existentielle qui interroge notre capacité à rompre avec l’héritage familial. Pour, peut-être, survivre à l’héritage du désastre.
Formée à l’East 15 Acting School à Londres, Iman Kerroua joue au Shakespeare’s Globe dans Le Songe d’une Nuit d’Été (Jacqui Somerville). De retour à Paris, elle fonde la Cie Mama Luna et crée London Bridge, un solo sur l’impact des violences conjugales sur les enfants, accompagné d’actions culturelles auprès de publics éloignés.