Théâtre

Le problème lapin
Cartographie 7

Frédéric Ferrer

Ne vous laissez plus attendrir par le lapin. Sous ses airs inoffensifs, l’animal serait devenu un fléau planétaire. C’est en tout cas la thèse farfelue de deux scientifiques totalement fantasques qui entreprennent de nous ouvrir les yeux dans cette vraie-fausse conférence. Et si le coupable n’était pas celui que l’on croit ? Désopilant !

Lieu
  • Châteauvallon
  • Théâtre couvert
Accessibilité
  • Dates Durée 1h25
  • mercredi 9 décembre 2026 20:00
  • jeudi 10 décembre 2026 20:00
Tarifs
  • Plein tarif 30 €
  • Tarif adulte avec la carte Châteauvallon-Liberté 20 €
  • Tarif partenaire (CSE et Associations culturelles partenaires) 20 €
  • Tarif - 30 ans 15 €
  • Tarif - 18 ans 10 €
  • Tarif solidaire 5 €
  • Tarif solidaire famille adulte 10 €
  • Tarif solidaire famille enfant 5 €

Avec la Carte Châteauvallon-Liberté, votre 6ème place de spectacle est offerte !

Informations pratiques

Comment le lapin a-t-il colonisé le monde ? Pourquoi est-il le cauchemar des archéologues ? Entre lui et Usain Bolt, qui est le plus rapide ? En 30 questions menées tambour battant, les deux conférencier·ères avancent des arguments soi-disant imparables et nous partagent les conclusions surprenantes de leur enquête.

Schémas à l’appui, les deux scientifiques enchaînent les digressions savoureuses et les raisonnements absurdes. Décalé et finement documenté, ce spectacle interroge les bouleversements de notre monde et se moque de notre société de consommation. On en sort hilare et avec matière à réflexion.

Conception et mise en scène Frédéric Ferrer
Avec la complicité d’Hélène Schwartz pour mener l’enquête et penser lapin
Avec Frédéric Ferrer et Hélène Schwartz
Régie générale et construction Paco Galan
Accessoires et scénographie Margaux Folléa
Costumes Anne Buguet
Masques Sébastien Baille et Einat Landais
Production et diffusion Floriane Fumey
Administration Flore Lepastourel
Communication Lucie Verpraet

Production Compagnie Vertical Détour
Coproduction Maison des Métallos, Paris
Soutien Département de la Seine et Marne
Partenaires Le Vaisseau – fabrique artistique au Centre de Réadaptation de Coubert
La compagnie Vertical Détour est conventionnée par le Département de la Seine-et-Marne, la Région Île-de-France et le Ministère de la Culture – DRAC Île-de-France. Elle est en résidence au Centre de Réadaptation de Coubert – établissement de l’UGECAM Île-de-France

Photos © Vincent Beaume
Texte © Vanessa Asse

Les lapins interrogent Homo-sapiens et son monde jusqu’à l’absurde. Les Oryctolagus cuniculus creusent des trous, détruisent les pelouses et les cultures, grignotent les câbles, tuyaux d’arrosage et choux des Kerguelen, colonisent les terre-pleins, envahissent les aéroports et les ronds-points (et bientôt le théâtre du même nom ?) et saccagent les beaux massifs fleuris des Invalides à Paris devant des militaires désemparés et pour la plus grande joie des promeneurs que la vue des heureux lapins semble toujours contenter. La cause est entendue depuis des siècles, le lapin est une espèce prolifique et invasive qui ne cesse d’échapper aux garennes où l’on veut le maintenir, mange les récoltes et désertifie les champs, bouleverse et détruit les écosystèmes partout, en Australie, Nouvelle-Zélande, Amérique du Sud et sur les 800 îles où les colons européens les ont amenés. Sous son air doux et attachant, cet animal est une peste ! Et il faut agir au plus vite, car les lapins, c’est bien connu, ont une puissance de reproduction qui dépasse l’entendement, point de mesure ici, aucune conscience écologique et compréhension des limites terrestres, c’est une arme contre leur fragilité, leur réponse à un taux de mortalité très élevé, eux qui sont depuis toujours à la merci de tous les prédateurs de la planète (des renards aux furets, belettes, oiseaux…), le lapin est une victime née ! Mais plus question de compter sur ces prédateurs tant ils se réduisent désormais à peau de chagrin (les lapins peuvent bien remercier la sixième extinction du vivant), même Homo-sapiens d’habitude très gourmand et vorace n’en veut plus dans son assiette depuis que le lapin a réussi à entrer malicieusement dans nos maisons en se faisant passer pour animal de compagnie ou, plus fourbe encore, en devenant peluche sur le lit des enfants. Bref, le lapin est une espèce invasive et nuisible, un signe de la mauvaise santé planétaire, il faut donc s’en débarrasser au plus vite ! Alors on met tout en œuvre pour l’empêcher de nuire : barrières, poisons, pièges, furetage, gazage, tirs, explosion, guerre biologique avec myxomatose et VHD… Mais ce récit résiste-t-il vraiment à l’analyse ?

Cette septième cartographie de l’Atlas de l’anthropocène s’attaque au problème lapin afin d’y voir clair et de faire le point sur la situation, car il y a urgence ! Le lapin est-il dangereux pour le devenir du vivant ? Faut-il l’éradiquer ou le préserver ? Cependant cette cartographie sera dans la forme bien différente des précédentes. Car pour mieux appréhender une réalité lapine foisonnante, tout s’est dédoublé ici, deux écrans, deux ordinateurs, deux pupitres, deux conférenciers. Toujours une dramaturgie du powerpoint, mais de plus en plus enchevêtrée, brouillant les pistes, procédant par l’art de la parenthèse, pour toujours préciser et contre-argumenter, car le lapin est malin, jamais là où on l’attend, toujours là où on ne l’attend pas, il se joue des limites et échappe, passe sous les clôtures, bouleverse et déborde sans cesse le monde. En ethnologie, c’est un trickster, un farceur qui ne respecte pas les règles et l’ordre des humains. Le lapin met le bazar et, en mettant le bazar, impose son récit et sa dramaturgie.

Cette cartographie a donc été pensée comme un terrier. Un terrier de questions. Car dire les lapins c’est accepter de multiples entrées, le rhizome et les parenthèses, le labyrinthe des galeries et la bifurcation du raisonnement. Le lapin impose le zigzag. Il y aura ainsi 30 questions. Et 1 heure pour répondre. Car il faut bien tenter de mettre un cadre et des limites à notre garenne. Avec des réponses rapides et zigzagantes pour dire la réalité lapine. À moins que les lapins ne débordent encore…

Frédéric Ferrer — Conception et mise en scène

En un peu plus d’une heure, les deux conférenciers enchevêtrent questions et réponses pour imposer l’érudition pince-sans-rire d’un univers théâtral à la limite de l’absurde. La Terrasse

On a l’impression de s’amuser, mais en fait on apprend mille choses passionnantes sur notre monde. Théâtral Magazine

Un spectacle à ne pas rater pour tout savoir sur le lapin, mieux éveiller notre conscience écologique et rire pendant 1h30. L’autre Scène

Frédéric Ferrer —

Auteur, acteur, metteur en scène et géographe, Frédéric Ferrer crée son premier spectacle en 1994 avec Liberté à Brême de Rainer Werner Fassbinder puis conçoit des spectacles à partir de ses textes où il interroge notamment les figures de la folie (Apoplexification à l’ai de de la râpe à noix de muscade et Pour Wagner) et les dérèglements du monde, à travers quatre cycles de créations. Dans Les chroniques du réchauffement, il propose une exploration des paysages humains du changement climatique. Il a ainsi créé Mauvais Temps (2005), Kyoto Forever (2008), Comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer le réchauffement climatique (2011), et récemment Sunamik Pigialik ? (Que faire ? en inuktitut), son premier spectacle jeune public, qui met en scène les devenirs de l’ours polaire (2014). Il a présenté à l’automne 2015, à l’occasion de la tenue de la COP 21 à Paris, le spectacle Kyoto Forever 2, second volet de sa mise en jeu des grandes conférences sur le changement climatique, avec huit comédiens internationaux devenus experts de l’ONU.

Parallèlement, il commence à partir de 2010 la réalisation d’un Atlas de l’anthropocène, cycle artistique de cartographies théâtrales du monde, entre conférence et performance, où il traite de territoires inattendus.

Après À la recherche des canards perdus, Les Vikings et les satellites, Les déterritorialisations du vecteur, Pôle Nord, Wow ! et De la morue qu’il a présentés dans de nombreux théâtres et festivals en France et à l’étranger, il a créé en décembre 2021 une septième cartographie, intitulée Le problème lapin. Il démarre un nouveau cycle de création en 2017, les Borderline(s) Investigations, qui interroge les frontières et les limites du monde. Il créé en 2017 une performance Borderline(s) Investigation # 0 (après avoir effectué des vols paraboliques en apesanteur), puis le spectacle Borderline(s) Investigation #1 qui met en jeu – et joue avec – les signaux de l’effondrement et en 2022 Borderline(s) Investigation #2.

Il a présenté au Festival d’Avignon Allonger les toits, avec le chorégraphe Simon Tanguy (dans le cadre des « Sujets à Vif » 2015), et Le Sujet des Sujets en 2017, un spectacle créé à l’invitation du Festival et de la SACD pour célébrer le 20ème anniversaire des « Sujets à Vif ». En 2019, il commence un nouveau cycle en partenariat avec La Villette, Olympicorama, proposition de mise en jeu des jeux olympiques, en plusieurs saisons et plusieurs épreuves jusqu’en 2024, où il invite à chaque fois, entre conférence et rencontre/ débat, des personnalités du monde du sport et des champions et championnes olympiques.

Dans sa démarche, et semblable au géographe, qui fut longtemps considéré comme le spécialiste de rien, il aime davantage les frontières que le cœur des disciplines. Non pas la synthèse mais le frottement. Frédéric Ferrer écrit les textes et la dramaturgie des spectacles après un « travail de terrain », qui lui permet d’ancrer ses fictions à partir d’une source documentaire et/ou d’un espace réel. L’espace devient dans ses spectacles le lieu des possibles.

Après avoir dirigé de 2005 à 2015 Les Anciennes Cuisines, une fabrique artistique implantée à l’hôpital psychiatrique de Ville-Evrard, il développe depuis Janvier 2016, Le Vaisseau, un lieu de fabrique implantée au Centre de Réadaptation de Coubert où sont accueillis des artistes en résidence et où sont développées des actions artistiques avec les publics du centre et les habitants du territoire. Il est Chevalier des Arts et des Lettres et a été Lauréat de l’Aide à la création dramatique du Centre National du Théâtre.