Dans chacune de ses créations, Lo Guénin déploie des univers poétiques et immersifs. Après WALDEN [Châteauvallon] et A WEB, A LIMB, A WIRE, le compositeur imagine une fable sonore qui aborde le passage de l’enfance à l’adolescence. Ce moment charnière fait de découvertes, de rencontres et de confrontations, vers un monde parfois rude et sans concession.
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Tarif spécial à 4 € de 19h à 2h les soirs de représentation au parking Q-Park Liberté, place de la Liberté en réservant ici.
Le bar est ouvert les jours de représentation, 1h avant le début du spectacle et après la représentation. Il propose une restauration légère, avec des produits locaux et de saison.
Lo Guénin remonte le fil de ses souvenirs : collégien, déjà passionné de son, il a été contraint d’effacer quelques-unes de ses fragilités pour trouver sa place. Face aux regards des autres, il choisit de se réfugier dans la musique.
Dans cette pièce, l’artiste interprète l’intime, ses émotions, ses failles et ses différences. Au-delà du récit sonore autobiographique, il interroge la construction de soi dans le monde des autres et la poésie de l’enfance confrontée aux « années collège ». Sur scène, un grand piano à queue, des claviers analogiques et des percussions l’accompagnent. La mise en scène, portée par Céleste Germe de la compagnie Das Plateau, révèle l’essence du spectacle et décuple la puissance du message.
De et avec Lo Guénin
Mise en scène Céleste Germe (Das Plateau)
Production Phare à Lucioles
Photo de couverture et diaporama 2 © Félix Delamare
Photo diaporama 1 © Patrick Gherdoussi
Texte © Vanessa Asse
Raconter. Raconter un peu de soi. Se raconter. En son.
Uniquement en son : une fable (non, pas vraiment une fable car c’est bien réel) sonore.
Au début, je suis à l’intérieur de moi. Le moi de l’époque où j’étais collégien. Onze ans, quinze ans. Ce sont les sons, eux seuls, qui me rendent perceptibles par le public. Je suis vivant.
J’explore. Il est question d’intimité. Je découvre le monde par le prisme de mon éducation, de mon regard, de mon écoute. Je fais territoire depuis un moi qui se cherche, se trompe, s’imagine beaucoup aussi, déjà. La poésie est très présente. Les mots, les sensations, dire les mots, les phrases, plusieurs fois, les prononcer lentement, jouer à les déplacer, gouter chaque syllabe.
Penser à la ZAD, la cabane, l’occupation des sites…
Penser à Thoreau mais sans le dire…
Penser à une pluie de feuilles mortes sur la tôle, puis au son que cela produit lorsque l’on marche dessus. Se rouler, s’enterrer, se cacher… Penser à l’eau ? Il parait que nous sommes constitué presque exclusivement d’eau.
Penser aux grincements, des portes, des fenêtres, le parquet aussi, les chaussures…
Tout grince finalement, toujours. À cette époque là, ça grince en moi, beaucoup. Ce n’est pas
toujours désagréable. Mais c’est parfois étrange et ça enferme aussi. Dans l’écoute de ça, de ces
grincements, dans leur analyse, dans leur texture, dans la matière.
Penser à la notion de territoire. Faire territoire en fonction des autres ? C’est comment
exactement ? C’est où ? Peu à peu se construire en fonction des Autres.… Eux.. Et puis le dehors,
le reste aussi. Qu’est ce qu’il reste de nous dès lors que l’on nous jette dans le monde des autres ?
La norme toujours nous [dés]habille, malgré nous.
Je me suis forcé, violenté, j’ai abandonné plusieurs de mes fragilités. Je ne leur parlais plus, je les
boudais. Elles me faisaient honte. Et puis un jour les murs tombent, rendant l’intime de
l’intérieur visible au yeux de toutes et tous.
Je pense à l’enfer du collège, à la honte et au regard violent des autres, les garçons, quelques
filles aussi, mais surtout les garçons- sur ma personne. Plonger et disparaitre dans la poésie et la
musique. Chercher leur regards, leur approbation. Coûte que coûte… Se perdre, loin. Plonger là
où l’on a pas pied. On peut tenir longtemps sans respirer.
Raconter en son. Uniquement en son…Une fable sonore.
Non, pas vraiment une fable, parce que c’est bien réel tout ça. Cela a existé. Cela perdure encore
ici et là, pour les adolescent.e.s étranges, bizarres, ‘atypiques’ on dit.
Celleux qui ne comprennent rien aux règles implicites, celleux qui tombent parfois. On ne les voit
pas trop. On les oublie vite.
Je veux célébrer le bizarre. Parce que c’est ce qui me fait vivre aujourd’hui. Vivre bien, heureux,
vivant et débout. Je fais des sons bizarres, un peu partout sur cette planète. Je suis heureux.
Lo Guénin — Conception et interprétation
Le compositeur, musicien et artiste sonore Lo Guénin, né en 1976, travaille sur la relation entre création, écriture, interprétation et architectures. Faisant référence à la posture de H.D Thoreau et aux philosophes du transcendantalisme, il fait le constat d’un monde de plus en plus sonore dans lequel l’humain, en réaction consciente ou inconsciente, développe une écoute fonctionnelle de son écosystème. Dans une nouvelle approche de l’écologie sonore, son travail s’ancre dans le paysages qu’il traverse, urbains, industriels ou sauvages et naturels. Son écriture graphique, résolument esthétique, questionne la place et le rôle du compositeur, des interprètes et des auditeurs dans l’institution culturelle ainsi que les pratiques de l’écoute.
Curieux de générer des rencontres artistiques pluridisciplinaires, il travaille notamment avec le Quatuor Béla, Alice Piérot, Elise Chauvin, Julien Desprez, Eric Brochard ou encore Arthur H. Après avoir été compositeur associé à la Cité Musicale de Metz et artiste associé au ZEF – scène nationale de Marseille, il commence un travail de fond avec la scène nationale Châteauvallon-Liberté (DGCA-SACEM). Il est artiste intervenant au CNSMD de Paris où il enseigne la médiation des musiques de création aux élèves du pôle sup de l’ensemble NEXT en « artist diplôma ».