Musique • Récit

ສຽງຂອງຍ່າ (La voix de ma grand-mère)

Vanasay Khamphommala

Vanasay Khamphommala ne sait presque rien de sa grand-mère, si ce n’est qu’elle était chanteuse. Partie à la recherche de sa voix au Laos, elle raconte cette quête dans une création mêlant théâtre d’objets et musique. Assis·es en cercle autour d’un autel scintillant, nous assistons à un rituel orchestré par Vanasay et son père, évoquant les traces laissées par l’exil et l’héritage qui leur a été transmis. Un voyage sensible et bouleversant.

Lieu
  • Le Liberté
  • Salle Albert Camus
Accessibilité
  • En famille
    • Dès 11 ans
  • Dates Durée 1h
  • mardi 13 avril 2027 20:00
  • mercredi 14 avril 2027 20:00
Tarifs
  • Plein tarif 30 €
  • Tarif adulte avec la carte Châteauvallon-Liberté 20 €
  • Tarif partenaire (CSE et Associations culturelles partenaires) 20 €
  • Tarif - 30 ans 15 €
  • Tarif - 18 ans 10 €
  • Tarif solidaire 5 €
  • Tarif solidaire famille adulte 10 €
  • Tarif solidaire famille enfant 5 €

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Informations pratiques

Ce spectacle sensible est une immersion dans la culture laotienne. Née en France, la performeuse Vanasay Khamphommala n’a jamais connu sa grand-mère, décédée en 1944, quelques jours après la naissance de son unique enfant, Somphet. Pour remonter le fil de sa vie, Vanasay s’est rendue dans son village au cœur du Laos et a mené un travail de collecte de phrases, de mélodies ou de sons qu’elle aurait pu dire, entendre ou chanter.

Ce voyage initiatique au plus près de ses racines asiatiques est l’occasion de questionner leur invisibilisation au nom de l’assimilation. Le tout au rythme de chants, de récits et de karaoké.

Conception Vanasay Khamphommala
Avec Vanasay Khamphommala, Somphet Khamphommala et les voix de Sieng In Bounmisay, Naly Lokhamsay et Daly Hiangsomboun
Collaboration artistique Thomas Christin
Création sonore Robin Meier Wiratunga
Scénographie Kim lan Nguyễn Thi
Travail chorégraphique Olé Khamchanla
Costumes Vanasay Khamphommala, Marion Montel Tissage Mai Bounmisay, Souksavanh Chanthavanh et Monkham Thongpanya
Régie générale, son et plateau Maël Fusillier
Création lumière, régie lumière et plateau Léa Dhieux
Diffusion et développement Cécile Jeanson
Administration et Production Kelly Angevine et Lou Marconnet  – Bureau Kind
Remerciements Christine Rosas

Production Lapsus chevelü
Coproduction TnBA — Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, La Pop, L’Atelier à spectacle — scène conventionnée d’intérêt national de l’anglo du Pays de Dreux
Avec le soutien de l’Institut français et de la Région Centre-Val de Loire.
Avec le soutien de la compagnie FANGLAO (Vientiane) et du Traditional Arts and Ethnology Center (Luang Prabang)
Lapsus chevelü est conventionnée par la DRAC Centre-Val de Loire.

Photos © Christophe Raynaud de Lage
Texte © Vanessa Asse

La Voix de ma grand-mère est une tentative de chanter un duo avec ma grand-mère paternelle. Une difficulté, non des moindres, est qu’elle est morte en 1944. Je ne peux pas entendre la voix de ma grand-mère. Pas seulement parce qu’elle est morte : parce que c’est une voix à laquelle, à bien des égards, je suis sourde.

Ma grand-mère est décédée quelques jours après la naissance de mon père, au Laos. Je n’ai jamais entendu sa voix. Mon père n’a pu l’entendre que quelques jours, il n’en a aucun souvenir conscient. Retrouver la voix de ma grand-mère, c’est donc dans un premier temps reconstruire le récit brusquement interrompu d’une vie presque anonyme, lointaine dans le temps et dans l’espace, dont les dernières traces sont en train de s’effacer.

C’est aussi cheminer vers une langue, le laotien, à laquelle j’ai été exposée enfant par mon père. Mais comme beaucoup d’enfants d’immigrés ou de couples mixtes, dans un contexte culturel qui encourageait l’assimilation, je ne l’ai jamais apprise — voire l’ai franchement rejetée.

C’est encore apprendre à entendre une autre musique, défaire certains codes culturels assimilés depuis l’enfance. Je me suis formée de manière intensive à la musique classique européenne, comme pour mettre à distance un héritage différent dont je veux aujourd’hui me rapprocher.

Je sais très peu de choses de ma grand-mère. On dit néanmoins qu’elle aurait été chanteuse. Un point commun, ténu mais puissant, entre elle et moi, qui ai passé mon enfance à chanter.

La Voix de ma grand-mère est une quête. Les obstacles sont immenses, le désir ne l’est pas moins. Je me mets en chemin.

Vanasay Khamphommala — Conception et interprétation 

La beauté et la délicatesse de ce dialogue témoignent d’une grande croyance dans les pouvoirs du théâtre. Elle se communique à l’audience avec la douceur et le plaisir que donnent la sensation de se voir confier un secret intime et précieux. Lequel rencontre les douleurs de chacun et les apaise, invitant à se créer ses propres rituels et ses « beautés nouvelles ».  Sceneweb

Une expérience sensorielle bouleversante qui, au-delà de l’intérêt ethnographique propre à la découverte de ce rituel laotien, nous introduit à des dimensions insoupçonnées pour notre raison d’occidental depuis longtemps passée sous les fourches caudines d’une rationalité rigoriste, réductrice de(s) sens… La Revue du spectacle

 À la recherche de la voix de sa grand-mère, l’artiste queer invite le public à se mettre à l’écoute du Laos de ses origines dans une performance intimiste et touchante. L’Œil d’Olivier

Dans son beau spectacle où elle échange sans cesse avec le public qui entoure la scène, assis au sol ou sur des tabourets en plastique, elle a aussi convié son père, né au Laos et définitivement installé en France en 1975, après l’arrivée des communistes au pouvoir. Libération

Vanasay Khamphommala vient au théâtre par la musique et fait ses premiers pas sur scène à l’Opéra de Rennes où elle chante Bastien dans Bastien et Bastienne de Mozart et participe à de nombreuses production (La Flûte enchantée, Dialogues des Carmélites, L’Opéra de Quat’sous…). Elle suit une formation de comédienne dans la Classe Libre du Cours Florent où elle travaille notamment sous la direction de Michel Fau. Parallèlement, elle met en scène Shakespeare (Le Songe d’une nuit d’été), Corneille (Médée), et Barker (Judith, Treize Objets). Comédienne, elle travaille sous la direction de Jean- Michel Rabeux (R&J Tragedy) et Jacques Vincey (Les Bonnes). Elle collabore régulièrement avec ce dernier comme dramaturge : La Nuit des rois de Shakespeare, Jours souterrains d’Arne Lygre, Amphitryon de Molière, La vie est un rêve de Calderón.

De 2014 à 2018, elle est dramaturge permanente du Centre dramatique de Tours, dirigé par Jacques Vincey. Elle et il y créent ensemble Yvonne, princesse de Bourgogne de Gombrowicz, Und de Barker, La Dispute de Marivaux et Le Marchand de Venise de Shakespeare. Pour la scène et le livre, elle traduit Shakespeare (Le Songe d’une nuit d’été, Comme il vous plaira, Le Marchand de Venise), Barker (La Mort, l’unique et l’art du théâtre, avec Élisabeth Angel-Perez, paru aux Solitaires intempestifs, Lentement, Und, parus aux éditions Théâtrales) Anne Carson (Autobiographie du rouge, L’Arche). Elle écrit pour le théâtre : Faust (en collaboration avec Aurélie Ledoux), Orphée aphone, Rigodon !, Vénus et Adonis. Ses textes sont publiés par les éditions Théâtrales. Ancienne élève de l’École normale supérieure, formée à Harvard et à l’université d’Oxford, elle a soutenu à la Sorbonne une thèse de doctorat sous la direction d’Élisabeth Angel- Perez. Intitulée Spectres de Shakespeare dans l’oeuvre de Howard Barker, elle est publiée aux Presses de l’Université Paris-Sorbonne. En 2018, elle présente avec Caritia Abell L’Invocation à la muse au Festival d’Avignon, dans le cadre des Sujets à vif.

Vanasay Khamphommala est artiste associée au Centre dramatique national de Tours de 2018 à 2020. Elle y crée Orphée aphone en 2019, et Monuments hystériques en 2020, en collaboration avec les comédien·nes de l’ensemble artistique du CDN. Elle est artiste compagnon au TnBA – Théâtre national de
Bordeaux en Aquitaine. Elle est également chanteuse.